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Hôtels particuliers de Montmartre : sur l'avenue Junot
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Thursday
10
September
2026

Hôtels particuliers de Montmartre : sur l'avenue Junot

L'essentiel à retenir : L'avenue Junot est la promenade la plus discrète de Montmartre. Tracée en 1910 à travers l'ancien maquis où vivaient Utrillo et Renoir, elle aligne sur quelques centaines de mètres des hôtels particuliers Art Nouveau, Art Déco et modernistes, presque tous cachés derrière des jardins clos. Au 15, la maison construite par Adolf Loos pour Tristan Tzara reste l'unique bâtiment parisien du maître viennois. Un peu plus loin, la villa Léandre déroule ses pavillons anglais autour d'une impasse pavée. C'est le Montmartre secret, celui des collectionneurs, des architectes et des flâneurs éclairés.

Il existe deux Montmartre. Celui du Sacré-Cœur et de la place du Tertre, où l'on se presse par milliers chaque jour. Et celui de la Butte silencieuse, à peine perchée au-dessus du bruit, où les glycines dépassent des murs et où les chats traversent la chaussée sans se presser. Entre ces deux mondes, l'avenue Junot dessine un long ruban paisible qui monte lentement depuis la place Marcel Aymé jusqu'à la rue Girardon, à l'écart des circuits touristiques.

Vous y marchez d'abord sans comprendre pourquoi la rue vous ralentit. Puis vous entrez dans la lumière filtrée par les platanes, vous apercevez un portail en fer forgé entrebâillé, une façade cubique blanche signée par un maître de l'architecture moderne, un petit hôtel de charme dont on ne devine que la cour intérieure. Cet article vous conduit le long de cette avenue oubliée des guides, à la rencontre de ses hôtels particuliers, de son histoire et de ses secrets bien gardés.

Avenue Junot, la promenade la plus discrète de Montmartre

Un ruban de calme sur le flanc nord de la Butte

L'avenue Junot serpente sur cinq cents mètres environ, entre la rue Caulaincourt et la place Marcel Aymé. Elle s'inscrit en pente douce, protégée du vent, orientée plein sud, ce qui explique la floraison précoce des glycines et des rosiers grimpants qui débordent des jardins privés. Les trottoirs sont larges, les voitures rares, les commerces presque inexistants. Vous y croisez surtout des résidents, quelques joggeurs et des amateurs d'architecture munis de leur appareil photo.

L'avenue porte le nom du général Jean-Andoche Junot, compagnon de Napoléon, duc d'Abrantès. Elle a été ouverte en 1910 dans un quartier alors marginal, à la limite du 18e arrondissement, sur des terrains vagues qui portaient le nom pittoresque de maquis de Montmartre. Le contraste entre son origine populaire et son destin résidentiel raffiné fait tout son charme.

Un microclimat social et esthétique

Depuis un siècle, l'avenue Junot attire écrivains, éditeurs, marchands d'art, décorateurs et cinéastes. On y a vu passer Francisque Poulbot, l'illustrateur des enfants de Montmartre, Anaïs Nin en visite chez Henry Miller, plus récemment Claude Chabrol, Michel Ocelot et quelques figures du cinéma français. Cette continuité discrète a préservé l'avenue d'une gentrification bruyante. Ici, le luxe est de ne pas se montrer.

L'histoire d'une avenue tracée dans le maquis

Le maquis de Montmartre avant 1910

Avant l'ouverture de l'avenue, le versant nord de la Butte formait un terrain accidenté, couvert de baraques en planches, de jardins ouvriers et d'ateliers de fortune. On l'appelait le maquis, par comparaison avec les fourrés corses. Renoir y avait posé son chevalet dans les années 1870, Utrillo y avait grandi, Modigliani y avait dormi. Les carrières de gypse qui parsemaient encore la Butte fournissaient le fameux plâtre de Paris, matériau dont on retrouve la trace dans les décors intérieurs des maisons du quartier.

À la fin du XIXe siècle, la Ville de Paris décida d'assainir ce secteur et de l'aligner sur le nouveau tracé de la rue Caulaincourt. Les expropriations furent lentes et douloureuses, les artistes déplacés vers Montparnasse, et l'avenue Junot ouverte en 1910 comme une percée résidentielle destinée à une clientèle bourgeoise en quête d'air pur, de jardin et de vue sur le nord de Paris.

Les premiers propriétaires

Dès la Première Guerre mondiale, l'avenue attira des acquéreurs originaux : peintres reconnus qui cherchaient un atelier lumineux, éditeurs, industriels épris d'art moderne. Les parcelles étaient assez larges pour permettre la construction d'hôtels particuliers avec jardin, chose rare dans Paris intra-muros. C'est cette combinaison, terrain arboré et proximité immédiate du Sacré-Cœur, qui fit de l'avenue Junot l'une des adresses les plus recherchées de la capitale entre les deux guerres.

La maison Tristan Tzara par Adolf Loos

L'unique bâtiment de Loos à Paris

Au 15 de l'avenue Junot se dresse une façade sévère, presque énigmatique. Deux registres superposés, un socle en pierre calcaire brute et un étage supérieur en enduit blanc, une composition asymétrique animée par un balcon en creux. C'est la maison que Tristan Tzara, poète dada roumain installé à Paris depuis 1920, commanda en 1925 à l'architecte viennois Adolf Loos.

Loos, célèbre pour son manifeste Ornement et crime de 1908, imagina pour Tzara une demeure qui contredisait toute idée de façade décorative. La pierre brute du socle rappelle les maisons paysannes d'Europe centrale, l'enduit blanc du haut évoque les villas méditerranéennes. Cette dualité voulait résumer l'itinéraire du poète, entre son enfance moldave et sa vie parisienne. C'est le seul bâtiment que Loos ait construit en France, ce qui en fait un jalon de l'architecture moderne européenne.

L'intérieur, un labyrinthe savant

Derrière la façade se cache un intérieur en Raumplan, principe cher à Loos, qui consiste à emboîter des volumes de hauteurs différentes plutôt que d'empiler des étages plats. Le salon-bibliothèque de Tzara, avec sa mezzanine et sa cheminée en marbre vert, fut l'un des lieux littéraires les plus vivants du Paris des années trente. La maison est privée, mais on la contemple depuis le trottoir, en levant simplement les yeux. Sa silhouette, sobre et intense, ne ressemble à aucune autre du quartier.

Les hôtels particuliers Art Nouveau et Art Déco

Le pavillon du 13, avenue Junot

Juste à côté de la maison Tzara, au 13, un hôtel particulier en briques rouges et pierre blanche fut construit en 1925 pour le peintre Francisque Poulbot. L'ancien atelier vitré, orienté au nord, donne encore sur le jardin, aujourd'hui envahi de lilas et de rosiers. Poulbot fit installer sur son mur un cadran solaire orné de deux gamins, hommage à ses célèbres enfants de Montmartre. Le pavillon est visible depuis la rue, et la petite plaque scellée au portail vous rappellera son histoire.

Les façades Art Déco des années 1930

Plusieurs immeubles de l'avenue, aux numéros 25, 27 et 41 notamment, portent l'empreinte de l'Art Déco parisien : bow-windows élégants, ferronneries géométriques, portes en bois massif ornées de motifs stylisés. Les architectes Roger Anger, Aublet et Rossoll travaillèrent dans le quartier pour une clientèle aisée qui souhaitait un cadre moderne sans renoncer à la pierre de taille traditionnelle. La lumière rasante du matin met en valeur les jeux d'ombres portées sur les façades. C'est le meilleur moment pour flâner, appareil photo à la main.

Les jardins entrevus

Un détail rend l'avenue précieuse : presque chaque maison dissimule un jardin. En marchant lentement, vous devinez à travers les portails en fer forgé des allées de gravier, des massifs d'hortensias, des palmiers rustiques, parfois une fontaine ancienne. Ces jardins privés forment un poumon vert secret, invisible depuis les cartes touristiques, mais bien présent dans le paysage sonore : chants d'oiseaux, bruissements de feuillages, cliquetis d'un sécateur en fin d'après-midi.

Villa Léandre, l'impasse anglaise cachée

Une enclave inattendue

À mi-chemin sur l'avenue Junot, une petite ouverture pavée s'échappe sur la droite. Vous poussez un peu, vous entrez dans la villa Léandre, et vous découvrez ce qui ressemble à une rue de Chelsea transportée à Paris. Une impasse d'une centaine de mètres, bordée d'une vingtaine de maisonnettes de brique rouge et blanche, avec fenêtres à guillotine, cottages fleuris et petits perrons. Le pavé rond luit après la pluie, les glycines dévalent les façades, un chat s'étire sur un rebord.

La villa Léandre a été construite en 1926 par l'architecte Sirvin, dans un style pittoresque anglais qui s'inspirait des cottages des faubourgs londoniens. Elle porte le nom du dessinateur Charles Léandre. Aujourd'hui, elle reste habitée, tranquillement, par une poignée de familles et d'artistes, dont les portes numérotées à la main indiquent la vie de tous les jours. Vous y entrez à pied, sans clé ni portail, et vous en ressortez avec le sentiment d'avoir traversé un autre siècle.

Les meilleures heures pour la visiter

La villa se prête particulièrement à la promenade en fin de matinée, entre onze heures et midi, quand la lumière tombe d'aplomb et fait vibrer la brique orangée. Le samedi matin est plus vivant, avec les habitants qui rentrent du marché de la rue Lepic. Le dimanche vers cinq heures, la lumière dorée fait rougir les façades. Vous restez discret, vous ne parlez pas fort, vous respectez le silence de ces jardins minuscules. C'est la seule règle, tacite, qui préside à la villa Léandre.

Le Refuge et l'Hôtel Particulier de Montmartre

Le Refuge des Fondus et l'esprit de la Butte

Non loin, sur la rue des Trois-Frères, Le Refuge des Fondus reste l'une des institutions les plus insolites de Montmartre, où le vin coule dans des biberons depuis 1966. Mais l'esprit de refuge, sur le versant nord, se retrouve surtout dans les petits bistrots discrets de la rue Caulaincourt et de la rue Lamarck, où la clientèle est locale, où l'on connaît les prénoms, où le patron propose un plat du jour à la craie.

L'Hôtel Particulier Montmartre

Au 23 avenue Junot, dans une allée privée qui se laisse à peine deviner depuis la rue, se cache l'Hôtel Particulier Montmartre. Cet hôtel de charme cinq étoiles, aménagé dans une ancienne demeure Directoire du début du XIXe siècle, ne compte que cinq suites. Chacune a été confiée à un artiste contemporain différent, avec du mobilier signé, des tapisseries dessinées, des baignoires anciennes en bronze. Le jardin, dessiné par Louis Benech, est l'un des plus intimes de Paris.

Le bar de l'hôtel, ouvert au public sur réservation, sert des cocktails signature dans une atmosphère de salon de collectionneur. C'est un lieu à connaître pour un apéritif au coucher du soleil, avant de redescendre vers un dîner rue Lepic ou rue des Abbesses.

Vivre Montmartre avec Merveil

Merveil Paris fait le pont entre la vie privée et le service cinq étoiles au cœur des quartiers les plus raffinés de la capitale. Sur la Butte, notre appartement Signature Montmartre vous accueille à quelques rues de l'avenue Junot, dans un immeuble haussmannien restauré avec vue sur les toits de zinc et le Sacré-Cœur. Chaque matin, notre conciergerie vous indique le boulanger de la rue Caulaincourt, réserve votre table à l'Hôtel Particulier Montmartre pour l'apéritif, ou organise pour vous une promenade guidée à travers les cours, les passages et les hôtels privés du quartier. Pour préparer votre séjour, consultez le guide complet de Montmartre et laissez-vous porter par le rythme lent de la Butte, celui des glycines en fleurs et des portails en fer forgé.

FAQ

Comment se rendre avenue Junot à Montmartre ?

La station de métro la plus proche est Lamarck-Caulaincourt, sur la ligne 12, à environ trois minutes à pied. Vous pouvez également descendre à Abbesses, ligne 12 également, et rejoindre l'avenue par la rue Ravignan et la place Marcel Aymé, une montée d'une dizaine de minutes qui traverse le vieux Montmartre. En bus, la ligne 40 Montmartrobus dessert la rue Caulaincourt. Prévoyez de bonnes chaussures : la Butte est faite d'escaliers et de pentes.

Peut-on visiter la maison Tristan Tzara construite par Adolf Loos ?

La maison du 15 avenue Junot est une propriété privée et ne se visite pas librement. Sa façade est visible depuis le trottoir, ce qui suffit à en saisir le geste architectural. Des associations d'architecture, notamment le Pavillon de l'Arsenal, organisent parfois des visites guidées lors des Journées européennes du patrimoine en septembre, avec inscription préalable. C'est l'occasion la plus fiable pour découvrir l'intérieur et le fameux Raumplan de Loos.

Où trouver la villa Léandre à Montmartre ?

La villa Léandre est une impasse pavée qui s'ouvre sur l'avenue Junot, à mi-parcours, entre le 23 et le 25 de l'avenue. Elle est libre d'accès, à pied, sans portail ni horaires, mais reste un espace résidentiel où l'on demande aux visiteurs de rester discrets. Les meilleures heures de visite sont le matin et la fin d'après-midi, pour la lumière et pour la tranquillité. Comptez une petite dizaine de minutes pour la parcourir dans un sens.

Quels autres quartiers de Paris cachent des hôtels particuliers ?

Paris compte encore de nombreux hôtels particuliers dispersés dans le Marais, dans le 7e arrondissement autour de la rue de Varenne et de la rue de Grenelle, dans le 8e arrondissement autour du parc Monceau et de la plaine Monceau, et dans le 16e arrondissement dans le quartier d'Auteuil, où Hector Guimard a laissé plusieurs chefs-d'œuvre Art Nouveau. Chaque secteur a son style et son histoire. Montmartre reste unique par ses jardins arborés et son échelle intime, qui se rapproche de celle d'un village.

Thursday
10
September
2026

Hôtels particuliers de Montmartre : sur l'avenue Junot

L'essentiel à retenir : L'avenue Junot est la promenade la plus discrète de Montmartre. Tracée en 1910 à travers l'ancien maquis où vivaient Utrillo et Renoir, elle aligne sur quelques centaines de mètres des hôtels particuliers Art Nouveau, Art Déco et modernistes, presque tous cachés derrière des jardins clos. Au 15, la maison construite par Adolf Loos pour Tristan Tzara reste l'unique bâtiment parisien du maître viennois. Un peu plus loin, la villa Léandre déroule ses pavillons anglais autour d'une impasse pavée. C'est le Montmartre secret, celui des collectionneurs, des architectes et des flâneurs éclairés.

Il existe deux Montmartre. Celui du Sacré-Cœur et de la place du Tertre, où l'on se presse par milliers chaque jour. Et celui de la Butte silencieuse, à peine perchée au-dessus du bruit, où les glycines dépassent des murs et où les chats traversent la chaussée sans se presser. Entre ces deux mondes, l'avenue Junot dessine un long ruban paisible qui monte lentement depuis la place Marcel Aymé jusqu'à la rue Girardon, à l'écart des circuits touristiques.

Vous y marchez d'abord sans comprendre pourquoi la rue vous ralentit. Puis vous entrez dans la lumière filtrée par les platanes, vous apercevez un portail en fer forgé entrebâillé, une façade cubique blanche signée par un maître de l'architecture moderne, un petit hôtel de charme dont on ne devine que la cour intérieure. Cet article vous conduit le long de cette avenue oubliée des guides, à la rencontre de ses hôtels particuliers, de son histoire et de ses secrets bien gardés.

Avenue Junot, la promenade la plus discrète de Montmartre

Un ruban de calme sur le flanc nord de la Butte

L'avenue Junot serpente sur cinq cents mètres environ, entre la rue Caulaincourt et la place Marcel Aymé. Elle s'inscrit en pente douce, protégée du vent, orientée plein sud, ce qui explique la floraison précoce des glycines et des rosiers grimpants qui débordent des jardins privés. Les trottoirs sont larges, les voitures rares, les commerces presque inexistants. Vous y croisez surtout des résidents, quelques joggeurs et des amateurs d'architecture munis de leur appareil photo.

L'avenue porte le nom du général Jean-Andoche Junot, compagnon de Napoléon, duc d'Abrantès. Elle a été ouverte en 1910 dans un quartier alors marginal, à la limite du 18e arrondissement, sur des terrains vagues qui portaient le nom pittoresque de maquis de Montmartre. Le contraste entre son origine populaire et son destin résidentiel raffiné fait tout son charme.

Un microclimat social et esthétique

Depuis un siècle, l'avenue Junot attire écrivains, éditeurs, marchands d'art, décorateurs et cinéastes. On y a vu passer Francisque Poulbot, l'illustrateur des enfants de Montmartre, Anaïs Nin en visite chez Henry Miller, plus récemment Claude Chabrol, Michel Ocelot et quelques figures du cinéma français. Cette continuité discrète a préservé l'avenue d'une gentrification bruyante. Ici, le luxe est de ne pas se montrer.

L'histoire d'une avenue tracée dans le maquis

Le maquis de Montmartre avant 1910

Avant l'ouverture de l'avenue, le versant nord de la Butte formait un terrain accidenté, couvert de baraques en planches, de jardins ouvriers et d'ateliers de fortune. On l'appelait le maquis, par comparaison avec les fourrés corses. Renoir y avait posé son chevalet dans les années 1870, Utrillo y avait grandi, Modigliani y avait dormi. Les carrières de gypse qui parsemaient encore la Butte fournissaient le fameux plâtre de Paris, matériau dont on retrouve la trace dans les décors intérieurs des maisons du quartier.

À la fin du XIXe siècle, la Ville de Paris décida d'assainir ce secteur et de l'aligner sur le nouveau tracé de la rue Caulaincourt. Les expropriations furent lentes et douloureuses, les artistes déplacés vers Montparnasse, et l'avenue Junot ouverte en 1910 comme une percée résidentielle destinée à une clientèle bourgeoise en quête d'air pur, de jardin et de vue sur le nord de Paris.

Les premiers propriétaires

Dès la Première Guerre mondiale, l'avenue attira des acquéreurs originaux : peintres reconnus qui cherchaient un atelier lumineux, éditeurs, industriels épris d'art moderne. Les parcelles étaient assez larges pour permettre la construction d'hôtels particuliers avec jardin, chose rare dans Paris intra-muros. C'est cette combinaison, terrain arboré et proximité immédiate du Sacré-Cœur, qui fit de l'avenue Junot l'une des adresses les plus recherchées de la capitale entre les deux guerres.

La maison Tristan Tzara par Adolf Loos

L'unique bâtiment de Loos à Paris

Au 15 de l'avenue Junot se dresse une façade sévère, presque énigmatique. Deux registres superposés, un socle en pierre calcaire brute et un étage supérieur en enduit blanc, une composition asymétrique animée par un balcon en creux. C'est la maison que Tristan Tzara, poète dada roumain installé à Paris depuis 1920, commanda en 1925 à l'architecte viennois Adolf Loos.

Loos, célèbre pour son manifeste Ornement et crime de 1908, imagina pour Tzara une demeure qui contredisait toute idée de façade décorative. La pierre brute du socle rappelle les maisons paysannes d'Europe centrale, l'enduit blanc du haut évoque les villas méditerranéennes. Cette dualité voulait résumer l'itinéraire du poète, entre son enfance moldave et sa vie parisienne. C'est le seul bâtiment que Loos ait construit en France, ce qui en fait un jalon de l'architecture moderne européenne.

L'intérieur, un labyrinthe savant

Derrière la façade se cache un intérieur en Raumplan, principe cher à Loos, qui consiste à emboîter des volumes de hauteurs différentes plutôt que d'empiler des étages plats. Le salon-bibliothèque de Tzara, avec sa mezzanine et sa cheminée en marbre vert, fut l'un des lieux littéraires les plus vivants du Paris des années trente. La maison est privée, mais on la contemple depuis le trottoir, en levant simplement les yeux. Sa silhouette, sobre et intense, ne ressemble à aucune autre du quartier.

Les hôtels particuliers Art Nouveau et Art Déco

Le pavillon du 13, avenue Junot

Juste à côté de la maison Tzara, au 13, un hôtel particulier en briques rouges et pierre blanche fut construit en 1925 pour le peintre Francisque Poulbot. L'ancien atelier vitré, orienté au nord, donne encore sur le jardin, aujourd'hui envahi de lilas et de rosiers. Poulbot fit installer sur son mur un cadran solaire orné de deux gamins, hommage à ses célèbres enfants de Montmartre. Le pavillon est visible depuis la rue, et la petite plaque scellée au portail vous rappellera son histoire.

Les façades Art Déco des années 1930

Plusieurs immeubles de l'avenue, aux numéros 25, 27 et 41 notamment, portent l'empreinte de l'Art Déco parisien : bow-windows élégants, ferronneries géométriques, portes en bois massif ornées de motifs stylisés. Les architectes Roger Anger, Aublet et Rossoll travaillèrent dans le quartier pour une clientèle aisée qui souhaitait un cadre moderne sans renoncer à la pierre de taille traditionnelle. La lumière rasante du matin met en valeur les jeux d'ombres portées sur les façades. C'est le meilleur moment pour flâner, appareil photo à la main.

Les jardins entrevus

Un détail rend l'avenue précieuse : presque chaque maison dissimule un jardin. En marchant lentement, vous devinez à travers les portails en fer forgé des allées de gravier, des massifs d'hortensias, des palmiers rustiques, parfois une fontaine ancienne. Ces jardins privés forment un poumon vert secret, invisible depuis les cartes touristiques, mais bien présent dans le paysage sonore : chants d'oiseaux, bruissements de feuillages, cliquetis d'un sécateur en fin d'après-midi.

Villa Léandre, l'impasse anglaise cachée

Une enclave inattendue

À mi-chemin sur l'avenue Junot, une petite ouverture pavée s'échappe sur la droite. Vous poussez un peu, vous entrez dans la villa Léandre, et vous découvrez ce qui ressemble à une rue de Chelsea transportée à Paris. Une impasse d'une centaine de mètres, bordée d'une vingtaine de maisonnettes de brique rouge et blanche, avec fenêtres à guillotine, cottages fleuris et petits perrons. Le pavé rond luit après la pluie, les glycines dévalent les façades, un chat s'étire sur un rebord.

La villa Léandre a été construite en 1926 par l'architecte Sirvin, dans un style pittoresque anglais qui s'inspirait des cottages des faubourgs londoniens. Elle porte le nom du dessinateur Charles Léandre. Aujourd'hui, elle reste habitée, tranquillement, par une poignée de familles et d'artistes, dont les portes numérotées à la main indiquent la vie de tous les jours. Vous y entrez à pied, sans clé ni portail, et vous en ressortez avec le sentiment d'avoir traversé un autre siècle.

Les meilleures heures pour la visiter

La villa se prête particulièrement à la promenade en fin de matinée, entre onze heures et midi, quand la lumière tombe d'aplomb et fait vibrer la brique orangée. Le samedi matin est plus vivant, avec les habitants qui rentrent du marché de la rue Lepic. Le dimanche vers cinq heures, la lumière dorée fait rougir les façades. Vous restez discret, vous ne parlez pas fort, vous respectez le silence de ces jardins minuscules. C'est la seule règle, tacite, qui préside à la villa Léandre.

Le Refuge et l'Hôtel Particulier de Montmartre

Le Refuge des Fondus et l'esprit de la Butte

Non loin, sur la rue des Trois-Frères, Le Refuge des Fondus reste l'une des institutions les plus insolites de Montmartre, où le vin coule dans des biberons depuis 1966. Mais l'esprit de refuge, sur le versant nord, se retrouve surtout dans les petits bistrots discrets de la rue Caulaincourt et de la rue Lamarck, où la clientèle est locale, où l'on connaît les prénoms, où le patron propose un plat du jour à la craie.

L'Hôtel Particulier Montmartre

Au 23 avenue Junot, dans une allée privée qui se laisse à peine deviner depuis la rue, se cache l'Hôtel Particulier Montmartre. Cet hôtel de charme cinq étoiles, aménagé dans une ancienne demeure Directoire du début du XIXe siècle, ne compte que cinq suites. Chacune a été confiée à un artiste contemporain différent, avec du mobilier signé, des tapisseries dessinées, des baignoires anciennes en bronze. Le jardin, dessiné par Louis Benech, est l'un des plus intimes de Paris.

Le bar de l'hôtel, ouvert au public sur réservation, sert des cocktails signature dans une atmosphère de salon de collectionneur. C'est un lieu à connaître pour un apéritif au coucher du soleil, avant de redescendre vers un dîner rue Lepic ou rue des Abbesses.

Vivre Montmartre avec Merveil

Merveil Paris fait le pont entre la vie privée et le service cinq étoiles au cœur des quartiers les plus raffinés de la capitale. Sur la Butte, notre appartement Signature Montmartre vous accueille à quelques rues de l'avenue Junot, dans un immeuble haussmannien restauré avec vue sur les toits de zinc et le Sacré-Cœur. Chaque matin, notre conciergerie vous indique le boulanger de la rue Caulaincourt, réserve votre table à l'Hôtel Particulier Montmartre pour l'apéritif, ou organise pour vous une promenade guidée à travers les cours, les passages et les hôtels privés du quartier. Pour préparer votre séjour, consultez le guide complet de Montmartre et laissez-vous porter par le rythme lent de la Butte, celui des glycines en fleurs et des portails en fer forgé.

FAQ

Comment se rendre avenue Junot à Montmartre ?

La station de métro la plus proche est Lamarck-Caulaincourt, sur la ligne 12, à environ trois minutes à pied. Vous pouvez également descendre à Abbesses, ligne 12 également, et rejoindre l'avenue par la rue Ravignan et la place Marcel Aymé, une montée d'une dizaine de minutes qui traverse le vieux Montmartre. En bus, la ligne 40 Montmartrobus dessert la rue Caulaincourt. Prévoyez de bonnes chaussures : la Butte est faite d'escaliers et de pentes.

Peut-on visiter la maison Tristan Tzara construite par Adolf Loos ?

La maison du 15 avenue Junot est une propriété privée et ne se visite pas librement. Sa façade est visible depuis le trottoir, ce qui suffit à en saisir le geste architectural. Des associations d'architecture, notamment le Pavillon de l'Arsenal, organisent parfois des visites guidées lors des Journées européennes du patrimoine en septembre, avec inscription préalable. C'est l'occasion la plus fiable pour découvrir l'intérieur et le fameux Raumplan de Loos.

Où trouver la villa Léandre à Montmartre ?

La villa Léandre est une impasse pavée qui s'ouvre sur l'avenue Junot, à mi-parcours, entre le 23 et le 25 de l'avenue. Elle est libre d'accès, à pied, sans portail ni horaires, mais reste un espace résidentiel où l'on demande aux visiteurs de rester discrets. Les meilleures heures de visite sont le matin et la fin d'après-midi, pour la lumière et pour la tranquillité. Comptez une petite dizaine de minutes pour la parcourir dans un sens.

Quels autres quartiers de Paris cachent des hôtels particuliers ?

Paris compte encore de nombreux hôtels particuliers dispersés dans le Marais, dans le 7e arrondissement autour de la rue de Varenne et de la rue de Grenelle, dans le 8e arrondissement autour du parc Monceau et de la plaine Monceau, et dans le 16e arrondissement dans le quartier d'Auteuil, où Hector Guimard a laissé plusieurs chefs-d'œuvre Art Nouveau. Chaque secteur a son style et son histoire. Montmartre reste unique par ses jardins arborés et son échelle intime, qui se rapproche de celle d'un village.

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One word: WOW! [...] The attention to detail, cleanliness and overall appearance of the apartment were just beautiful. Location is amazing as you are in the middle of everything you need. [...]

Clara C., UNITED STATES, MASSACHUSSETTS

The apartment is located in the center, next to many restaurants, metros and attractions, very easy access to everywhere. The apartement itself is as on the photos, well equipped, very clean [...]! The Merveil Team responded to our questions maximum few minutes even during the night [...] I am sure we still stay again in this apartement next time and I recommend it to everyone! [...]

Dora G, HUNGARY

Lovely apartment in great location - central but quiet. Beautifully laid out, comfortable beds [...]. We would highly recommend to anyone visiting Paris!

Anita A, AUSTRALIA