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Montmartre : guide complet du quartier village de Paris
L'essentiel à retenir : Perché à 130 mètres au-dessus de Paris, Montmartre reste le seul quartier de la capitale qui a conservé son âme de village. Ses ruelles pavées, ses escaliers en cascade, ses vignes protégées, sa basilique blanche et sa mémoire d'artistes en font un morceau de ville à part. De la Place du Tertre au Bateau-Lavoir, du Musée de Montmartre aux terrasses de la rue des Abbesses, ce guide vous emmène dans le 18e arrondissement de Paris pour comprendre l'histoire de la Butte, repérer les lieux qui comptent et vivre le quartier au bon rythme.
Il existe un moment, à Montmartre, où le brouillard du petit matin s'accroche encore aux toits d'ardoise et où l'on entend le raclement d'un balai sur les pavés. Le quartier vit alors comme un village endormi, avec ses volets à peine ouverts, ses boulangeries qui embaument la rue Lepic et le tintement d'une cloche qui monte vers le Sacré-Cœur. C'est cette Butte-là, discrète et presque secrète, qu'aiment les Parisiens qui savent y flâner avant que la foule ne redécouvre la Place du Tertre.
Ce guide vous emmène dans le quartier Montmartre à Paris pour en comprendre les strates : le village de meuniers du XIXe siècle, la colline des artistes de la Belle Époque, le sanctuaire romano-byzantin du Sacré-Cœur, les vignes du Clos Montmartre et les rues où Picasso, Van Gogh et Toulouse-Lautrec ont posé leur chevalet. Vous y trouverez les adresses qui méritent le détour, les cafés où l'on s'assied longuement et le meilleur moment pour arpenter la Butte sans jouer des coudes.
Table of Contents
L'histoire d'un village de 130 mètres d'altitude
De la butte des martyrs à la commune libre
Montmartre tient son nom du mont des Martyrs, en mémoire de saint Denis, premier évêque de Paris, décapité selon la tradition au IIIe siècle sur cette colline calcaire. Longtemps couverte de vignes et de moulins à vent, la Butte n'a été rattachée à Paris qu'en 1860, sous Napoléon III, lors de l'annexion des communes limitrophes. Le village comptait alors des meuniers, des tailleurs de pierre, des maraîchers et une trentaine de moulins dont il ne reste aujourd'hui que deux silhouettes intactes : le Moulin de la Galette et le Moulin Radet, rue Lepic.
La colline garde longtemps son statut à part. En 1871, elle devient le berceau de la Commune de Paris, insurrection populaire déclenchée sur ses hauteurs après le refus des Montmartrois de céder les canons de la Garde nationale. C'est en partie pour effacer cet épisode que la construction du Sacré-Cœur est décidée en 1873, sur une colline choisie autant pour son altitude que pour sa charge symbolique. La basilique sera consacrée en 1919.
Le sommet de Paris
À 130 mètres au-dessus du niveau de la Seine, Montmartre est le point le plus haut de la capitale, si l'on excepte les collines périphériques de Ménilmontant et de Belleville. Cette altitude explique tout : la vue immense depuis le parvis du Sacré-Cœur, les escaliers qui rythment chaque rue, les jardins suspendus, la fraîcheur du soir même en plein été et cette impression, en levant les yeux, d'atteindre un plateau qui domine la ville comme une île.
Les lieux qui font la Butte
La basilique du Sacré-Cœur
Le Sacré-Cœur reste le repère visuel du 18e arrondissement de Paris. Bâtie en pierre de Château-Landon, une pierre calcaire qui sécrète de la calcine au contact de l'eau et blanchit avec le temps, la basilique conserve sa teinte éclatante quelles que soient les saisons. Elle abrite l'une des plus grandes mosaïques du monde chrétien, un Christ en majesté de 475 mètres carrés, et se visite librement de 6 h 30 à 22 h 30. La montée jusqu'au sommet du dôme, 300 marches et un panorama à 360 degrés jusqu'à 30 kilomètres par temps clair, mérite l'effort.
La Place du Tertre
À deux pas de la basilique, la Place du Tertre concentre l'imaginaire de Montmartre depuis plus d'un siècle. Ancienne place du village, elle a longtemps servi de lieu d'échange aux carriers et aux vignerons. Aujourd'hui, une centaine de peintres, portraitistes et caricaturistes y travaillent officiellement, sous l'autorité de la mairie du 18e. Traversez-la de préférence tôt le matin ou en fin de journée, lorsque la lumière rasante caresse les façades roses et jaunes des maisons anciennes.
Le Moulin de la Galette et le Moulin Radet
Rue Lepic, deux silhouettes de bois rappellent l'époque où trente moulins tournaient sur la Butte. Le Moulin de la Galette, immortalisé par Renoir en 1876, servait à la fois de minoterie et de guinguette dominicale où les Parisiens venaient danser. Le Moulin Radet, un peu plus bas, abrite aujourd'hui un restaurant. Les deux édifices sont classés monuments historiques.
Le Mur des Je t'aime
Square Jehan-Rictus, place des Abbesses, un mur de 40 mètres carrés en lave émaillée porte l'expression « je t'aime » calligraphiée 311 fois en 250 langues. Inauguré en 2000 par Frédéric Baron et Claire Kito, il est devenu l'un des points de rendez-vous romantiques les plus photographiés de Paris.
La Villa Léandre et la Rue de l'Abreuvoir
Deux adresses à ajouter à votre marche pour retrouver l'atmosphère de village. La Villa Léandre, impasse pavée bordée de maisons blanches à volets bleus qui ressemblent à Londres autant qu'à Paris, s'ouvre discrètement avenue Junot. La Rue de l'Abreuvoir, l'une des plus anciennes du quartier, descend en pente douce vers le carrefour où trône « La Maison Rose », café peint en 1908 par Utrillo.
Les vignes du Clos Montmartre
Rue des Saules, un carré de 1 556 mètres carrés préserve les dernières vignes de Paris. Plantées en 1933 pour éviter l'urbanisation d'un terrain municipal, elles produisent chaque année environ 800 bouteilles de « Clos Montmartre », vendues aux enchères lors de la Fête des Vendanges qui se tient chaque premier week-end d'octobre depuis 1934. Le clos ne se visite pas librement mais peut s'admirer depuis la rue Saint-Vincent.
Sur les traces des artistes
Le Bateau-Lavoir, matrice du cubisme
Au 13, place Émile-Goudeau, une bâtisse en bois grinçante a abrité entre 1892 et 1970 les ateliers de Picasso, Modigliani, Juan Gris, Max Jacob, Van Dongen, Marie Laurencin et Georges Braque. Baptisée « Bateau-Lavoir » par Max Jacob pour ses couloirs biscornus et son unique robinet d'eau, elle a vu naître en 1907 « Les Demoiselles d'Avignon », toile qui a ouvert la voie au cubisme. Détruit par un incendie en 1970, le bâtiment a été reconstruit à l'identique. Sa vitrine expose aujourd'hui l'histoire du lieu.
Le Musée de Montmartre et les jardins Renoir
12, rue Cortot. Installé dans la plus ancienne maison de la Butte, une demeure XVIIe ayant abrité les ateliers de Renoir, de Suzanne Valadon, de son fils Maurice Utrillo et d'André Utter, le musée retrace l'histoire artistique du quartier de la fin du XIXe siècle aux années folles. Les Jardins Renoir, restaurés en 2012, offrent l'une des plus jolies vues sur les vignes et sur le nord de Paris. Comptez une bonne heure de visite, davantage si l'on s'attarde dans les jardins.
Le Lapin Agile et l'esprit cabaret
22, rue des Saules. Le Lapin Agile est le dernier cabaret de tradition montmartroise encore en activité. Ouvert en 1860 sous le nom « Au Rendez-vous des Voleurs », il devint « Le Cabaret des Assassins » avant de prendre son nom actuel en 1875, quand le peintre André Gill peignit son enseigne d'un lapin s'échappant d'une casserole. Picasso, Apollinaire, Utrillo, Modigliani y ont poussé la chansonnette. Les soirées se déroulent toujours dans la salle d'origine, autour d'une cerise à l'eau-de-vie et de chansons françaises interprétées à la table.
Le Moulin Rouge, aux pieds de la Butte
À Pigalle, boulevard de Clichy, le Moulin Rouge ouvre depuis 1889 sa façade rouge coquelicot et ses ailes tournantes. Toulouse-Lautrec y a signé ses affiches les plus célèbres et « La Goulue » y a créé le french cancan. Techniquement en dehors de Montmartre, il en fait partie dans l'imaginaire commun. Deux revues par soir, à 21 h et 23 h.
Manger et boire à Montmartre
Les tables du quartier
Montmartre a longtemps souffert d'une réputation de restauration touristique. Elle change vite. Autour de la rue des Abbesses et de la rue Lepic, une nouvelle génération de bistrots a réinstallé un vrai savoir-faire. Le Coq Rico, rue Lepic, propose la volaille française cuisinée en majesté par Antoine Westermann. Bouillon Pigalle, au bas de la Butte, sert une cuisine française canaille dans une salle de brasserie 1900. La Mascotte, brasserie de fruits de mer depuis 1889, garde les habitués de la rue des Abbesses.
Pour un déjeuner plus discret, La Cave Gourmande dans la rue Lamarck ou Le Relais Gascon rue des Abbesses, connu pour ses salades géantes, méritent l'arrêt. À l'heure du dîner, Le Petit Trianon, sur la place des Abbesses, offre l'un des cadres les plus élégants du quartier, dans une salle art nouveau restaurée.
Cafés et terrasses
Le Café des Deux Moulins, rue Lepic, a été rendu célèbre par le film « Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain » en 2001. On y prend encore un chocolat chaud au comptoir. Le Café Lomi, un peu plus loin dans le 18e, rue Marcadet, torréfie son propre café et sert l'un des meilleurs espressos du quartier. Enfin, Hardware Société, rue des Martyrs, prolonge la scène brunch australienne côté sud de la Butte.
Se déplacer et se repérer dans le 18e
Les métros utiles
Le quartier Montmartre à Paris se rejoint par trois stations de métro selon l'endroit exact où vous souhaitez commencer votre marche. Abbesses, sur la ligne 12, dessert le sud de la Butte, la place des Abbesses et le Mur des Je t'aime. Elle possède la station la plus profonde de Paris, 36 mètres sous terre, et l'un des derniers édicules Guimard d'origine. Anvers, sur la ligne 2, ouvre sur le boulevard de Rochechouart et sert de point de départ pour la montée par les escaliers et les jardins de la Villette. Lamarck-Caulaincourt, ligne 12, dessert le nord de la Butte et offre l'accès le plus reposant, avec une pente douce.
Le funiculaire et les escaliers
Le funiculaire de Montmartre, en service depuis 1900 sous cette forme automatisée depuis 1991, relie en moins de deux minutes la place Saint-Pierre au parvis du Sacré-Cœur. Il fonctionne de 6 h à 0 h 45 et accepte un ticket de métro classique. Pour les marcheurs, les escaliers du Sacré-Cœur, 222 marches réparties en volées régulières, offrent l'ascension la plus panoramique. La Rue Foyatier, escalier parallèle en pente droite, permet également de photographier la basilique en enfilade.
Se repérer entre les rues
Le quartier village s'articule autour de la place du Tertre au sommet, de la place des Abbesses au sud et de la place du Calvaire à l'est. Trois axes vous serviront de repères : la rue Lepic qui monte en spirale, la rue Caulaincourt qui longe le versant nord et la rue des Abbesses qui fait le lien entre Pigalle et le cœur du village. Marchez vers le haut le matin, vers le bas en fin de journée, et vous éviterez l'essentiel des groupes qui remontent la rue de Steinkerque en milieu de journée.
Le meilleur moment pour visiter
Montmartre change de visage plusieurs fois par jour. Le meilleur créneau pour visiter Montmartre à Paris se situe entre 7 h et 9 h le matin, lorsque les rues sont vides, que les livreurs de boulangerie remontent la Butte et que la lumière rasante caresse les façades. Le second créneau, plus court, s'étend de 18 h à 21 h en été, quand la foule se retire des marches du Sacré-Cœur et que les habitants sortent en terrasse. En hiver, la lumière du milieu de matinée, autour de 10 h, éclaire la basilique avec une douceur particulière.
Évitez si possible les samedis et dimanches d'avril à septembre entre 11 h et 17 h. Préférez le mardi ou le mercredi, où la fréquentation reste raisonnable même en haute saison. Pour un moment mémorable, montez la Butte un dimanche matin en octobre, pendant la Fête des Vendanges : cortèges costumés, marché des produits du terroir et vente aux enchères du Clos Montmartre.
Vivre Montmartre avec Merveil
Merveil Paris installe ses résidences dans les adresses qui portent l'esprit de la ville. Sur la Butte, notre appartement Signature Montmartre s'ouvre à quelques pas des vignes du Clos, dans une maison de village rénovée avec le soin que mérite le patrimoine haussmannien. Vous y retrouvez le silence des ruelles, les cheminées d'origine, un service hôtelier discret et la vue sur les toits d'ardoise du 18e arrondissement de Paris.
Pour vous accompagner dans la découverte du quartier, notre conciergerie organise vos réservations au Lapin Agile, vos visites privées du Musée de Montmartre, vos dégustations au Clos et vos dîners dans les tables les plus recherchées de la rue Lepic. Consultez également le guide des restaurants de Montmartre pour prolonger votre séjour au rythme des bistrots du quartier, du petit déjeuner au dîner.
FAQ
Dans quel arrondissement de Paris se trouve Montmartre ?
Le quartier Montmartre se situe dans le 18e arrondissement de Paris, au nord de la capitale. Il occupe le sommet de la colline de la Butte, la plus haute de Paris intra-muros avec une altitude de 130 mètres, et forme officiellement l'un des quatre quartiers administratifs du 18e, aux côtés de la Chapelle, la Goutte d'Or et Clignancourt. Le nom « Montmartre » désigne aussi bien l'ancien village annexé à Paris en 1860 que la butte elle-même. Les stations de métro Abbesses, Anvers et Lamarck-Caulaincourt en constituent les principaux points d'accès.
Combien de temps faut-il pour visiter Montmartre à Paris ?
Comptez une demi-journée pour un premier tour du quartier, une journée complète pour une visite approfondie. Une demi-journée permet de gravir la Butte, de visiter la basilique du Sacré-Cœur, de traverser la Place du Tertre, d'admirer la Villa Léandre et de descendre par la rue Lepic. Une journée entière ajoute le Musée de Montmartre avec les Jardins Renoir, un déjeuner dans un bistrot de la rue des Abbesses, la visite du Mur des Je t'aime, une pause au Café des Deux Moulins et, en fin de journée, une chanson au Lapin Agile ou un verre en terrasse rue Caulaincourt.
Comment monter au Sacré-Cœur sans se fatiguer ?
Le funiculaire de Montmartre, en service depuis 1900, relie en moins de deux minutes la place Saint-Pierre au parvis du Sacré-Cœur. Il fonctionne de 6 h à 0 h 45 et accepte un ticket de métro classique ou un pass Navigo. Alternative pour les marcheurs qui souhaitent éviter les 222 marches, la station Lamarck-Caulaincourt sur la ligne 12 vous dépose au nord de la Butte, d'où l'ascension se fait par pentes douces via la rue Lamarck et la rue du Chevalier de la Barre. Il existe également un petit train touristique qui monte depuis la place Blanche.
Où loger à Montmartre pour un séjour à Paris ?
Loger à Montmartre offre l'un des séjours les plus dépaysants de Paris, entre village et grande capitale. Privilégiez le secteur autour de la rue Caulaincourt, la rue Lamarck ou la rue des Abbesses pour retrouver le calme du quartier résidentiel, à quelques minutes à pied du Sacré-Cœur et du Musée de Montmartre. Les appartements-résidences de standing, comme ceux proposés par Merveil Paris, apportent l'espace, le service et la discrétion qui manquent souvent à l'hôtellerie du 18e. Évitez le bas de la Butte côté Pigalle si vous voyagez en famille, l'ambiance nocturne y étant plus animée.
Montmartre : guide complet du quartier village de Paris
L'essentiel à retenir : Perché à 130 mètres au-dessus de Paris, Montmartre reste le seul quartier de la capitale qui a conservé son âme de village. Ses ruelles pavées, ses escaliers en cascade, ses vignes protégées, sa basilique blanche et sa mémoire d'artistes en font un morceau de ville à part. De la Place du Tertre au Bateau-Lavoir, du Musée de Montmartre aux terrasses de la rue des Abbesses, ce guide vous emmène dans le 18e arrondissement de Paris pour comprendre l'histoire de la Butte, repérer les lieux qui comptent et vivre le quartier au bon rythme.
Il existe un moment, à Montmartre, où le brouillard du petit matin s'accroche encore aux toits d'ardoise et où l'on entend le raclement d'un balai sur les pavés. Le quartier vit alors comme un village endormi, avec ses volets à peine ouverts, ses boulangeries qui embaument la rue Lepic et le tintement d'une cloche qui monte vers le Sacré-Cœur. C'est cette Butte-là, discrète et presque secrète, qu'aiment les Parisiens qui savent y flâner avant que la foule ne redécouvre la Place du Tertre.
Ce guide vous emmène dans le quartier Montmartre à Paris pour en comprendre les strates : le village de meuniers du XIXe siècle, la colline des artistes de la Belle Époque, le sanctuaire romano-byzantin du Sacré-Cœur, les vignes du Clos Montmartre et les rues où Picasso, Van Gogh et Toulouse-Lautrec ont posé leur chevalet. Vous y trouverez les adresses qui méritent le détour, les cafés où l'on s'assied longuement et le meilleur moment pour arpenter la Butte sans jouer des coudes.
Table of Contents
L'histoire d'un village de 130 mètres d'altitude
De la butte des martyrs à la commune libre
Montmartre tient son nom du mont des Martyrs, en mémoire de saint Denis, premier évêque de Paris, décapité selon la tradition au IIIe siècle sur cette colline calcaire. Longtemps couverte de vignes et de moulins à vent, la Butte n'a été rattachée à Paris qu'en 1860, sous Napoléon III, lors de l'annexion des communes limitrophes. Le village comptait alors des meuniers, des tailleurs de pierre, des maraîchers et une trentaine de moulins dont il ne reste aujourd'hui que deux silhouettes intactes : le Moulin de la Galette et le Moulin Radet, rue Lepic.
La colline garde longtemps son statut à part. En 1871, elle devient le berceau de la Commune de Paris, insurrection populaire déclenchée sur ses hauteurs après le refus des Montmartrois de céder les canons de la Garde nationale. C'est en partie pour effacer cet épisode que la construction du Sacré-Cœur est décidée en 1873, sur une colline choisie autant pour son altitude que pour sa charge symbolique. La basilique sera consacrée en 1919.
Le sommet de Paris
À 130 mètres au-dessus du niveau de la Seine, Montmartre est le point le plus haut de la capitale, si l'on excepte les collines périphériques de Ménilmontant et de Belleville. Cette altitude explique tout : la vue immense depuis le parvis du Sacré-Cœur, les escaliers qui rythment chaque rue, les jardins suspendus, la fraîcheur du soir même en plein été et cette impression, en levant les yeux, d'atteindre un plateau qui domine la ville comme une île.
Les lieux qui font la Butte
La basilique du Sacré-Cœur
Le Sacré-Cœur reste le repère visuel du 18e arrondissement de Paris. Bâtie en pierre de Château-Landon, une pierre calcaire qui sécrète de la calcine au contact de l'eau et blanchit avec le temps, la basilique conserve sa teinte éclatante quelles que soient les saisons. Elle abrite l'une des plus grandes mosaïques du monde chrétien, un Christ en majesté de 475 mètres carrés, et se visite librement de 6 h 30 à 22 h 30. La montée jusqu'au sommet du dôme, 300 marches et un panorama à 360 degrés jusqu'à 30 kilomètres par temps clair, mérite l'effort.
La Place du Tertre
À deux pas de la basilique, la Place du Tertre concentre l'imaginaire de Montmartre depuis plus d'un siècle. Ancienne place du village, elle a longtemps servi de lieu d'échange aux carriers et aux vignerons. Aujourd'hui, une centaine de peintres, portraitistes et caricaturistes y travaillent officiellement, sous l'autorité de la mairie du 18e. Traversez-la de préférence tôt le matin ou en fin de journée, lorsque la lumière rasante caresse les façades roses et jaunes des maisons anciennes.
Le Moulin de la Galette et le Moulin Radet
Rue Lepic, deux silhouettes de bois rappellent l'époque où trente moulins tournaient sur la Butte. Le Moulin de la Galette, immortalisé par Renoir en 1876, servait à la fois de minoterie et de guinguette dominicale où les Parisiens venaient danser. Le Moulin Radet, un peu plus bas, abrite aujourd'hui un restaurant. Les deux édifices sont classés monuments historiques.
Le Mur des Je t'aime
Square Jehan-Rictus, place des Abbesses, un mur de 40 mètres carrés en lave émaillée porte l'expression « je t'aime » calligraphiée 311 fois en 250 langues. Inauguré en 2000 par Frédéric Baron et Claire Kito, il est devenu l'un des points de rendez-vous romantiques les plus photographiés de Paris.
La Villa Léandre et la Rue de l'Abreuvoir
Deux adresses à ajouter à votre marche pour retrouver l'atmosphère de village. La Villa Léandre, impasse pavée bordée de maisons blanches à volets bleus qui ressemblent à Londres autant qu'à Paris, s'ouvre discrètement avenue Junot. La Rue de l'Abreuvoir, l'une des plus anciennes du quartier, descend en pente douce vers le carrefour où trône « La Maison Rose », café peint en 1908 par Utrillo.
Les vignes du Clos Montmartre
Rue des Saules, un carré de 1 556 mètres carrés préserve les dernières vignes de Paris. Plantées en 1933 pour éviter l'urbanisation d'un terrain municipal, elles produisent chaque année environ 800 bouteilles de « Clos Montmartre », vendues aux enchères lors de la Fête des Vendanges qui se tient chaque premier week-end d'octobre depuis 1934. Le clos ne se visite pas librement mais peut s'admirer depuis la rue Saint-Vincent.
Sur les traces des artistes
Le Bateau-Lavoir, matrice du cubisme
Au 13, place Émile-Goudeau, une bâtisse en bois grinçante a abrité entre 1892 et 1970 les ateliers de Picasso, Modigliani, Juan Gris, Max Jacob, Van Dongen, Marie Laurencin et Georges Braque. Baptisée « Bateau-Lavoir » par Max Jacob pour ses couloirs biscornus et son unique robinet d'eau, elle a vu naître en 1907 « Les Demoiselles d'Avignon », toile qui a ouvert la voie au cubisme. Détruit par un incendie en 1970, le bâtiment a été reconstruit à l'identique. Sa vitrine expose aujourd'hui l'histoire du lieu.
Le Musée de Montmartre et les jardins Renoir
12, rue Cortot. Installé dans la plus ancienne maison de la Butte, une demeure XVIIe ayant abrité les ateliers de Renoir, de Suzanne Valadon, de son fils Maurice Utrillo et d'André Utter, le musée retrace l'histoire artistique du quartier de la fin du XIXe siècle aux années folles. Les Jardins Renoir, restaurés en 2012, offrent l'une des plus jolies vues sur les vignes et sur le nord de Paris. Comptez une bonne heure de visite, davantage si l'on s'attarde dans les jardins.
Le Lapin Agile et l'esprit cabaret
22, rue des Saules. Le Lapin Agile est le dernier cabaret de tradition montmartroise encore en activité. Ouvert en 1860 sous le nom « Au Rendez-vous des Voleurs », il devint « Le Cabaret des Assassins » avant de prendre son nom actuel en 1875, quand le peintre André Gill peignit son enseigne d'un lapin s'échappant d'une casserole. Picasso, Apollinaire, Utrillo, Modigliani y ont poussé la chansonnette. Les soirées se déroulent toujours dans la salle d'origine, autour d'une cerise à l'eau-de-vie et de chansons françaises interprétées à la table.
Le Moulin Rouge, aux pieds de la Butte
À Pigalle, boulevard de Clichy, le Moulin Rouge ouvre depuis 1889 sa façade rouge coquelicot et ses ailes tournantes. Toulouse-Lautrec y a signé ses affiches les plus célèbres et « La Goulue » y a créé le french cancan. Techniquement en dehors de Montmartre, il en fait partie dans l'imaginaire commun. Deux revues par soir, à 21 h et 23 h.
Manger et boire à Montmartre
Les tables du quartier
Montmartre a longtemps souffert d'une réputation de restauration touristique. Elle change vite. Autour de la rue des Abbesses et de la rue Lepic, une nouvelle génération de bistrots a réinstallé un vrai savoir-faire. Le Coq Rico, rue Lepic, propose la volaille française cuisinée en majesté par Antoine Westermann. Bouillon Pigalle, au bas de la Butte, sert une cuisine française canaille dans une salle de brasserie 1900. La Mascotte, brasserie de fruits de mer depuis 1889, garde les habitués de la rue des Abbesses.
Pour un déjeuner plus discret, La Cave Gourmande dans la rue Lamarck ou Le Relais Gascon rue des Abbesses, connu pour ses salades géantes, méritent l'arrêt. À l'heure du dîner, Le Petit Trianon, sur la place des Abbesses, offre l'un des cadres les plus élégants du quartier, dans une salle art nouveau restaurée.
Cafés et terrasses
Le Café des Deux Moulins, rue Lepic, a été rendu célèbre par le film « Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain » en 2001. On y prend encore un chocolat chaud au comptoir. Le Café Lomi, un peu plus loin dans le 18e, rue Marcadet, torréfie son propre café et sert l'un des meilleurs espressos du quartier. Enfin, Hardware Société, rue des Martyrs, prolonge la scène brunch australienne côté sud de la Butte.
Se déplacer et se repérer dans le 18e
Les métros utiles
Le quartier Montmartre à Paris se rejoint par trois stations de métro selon l'endroit exact où vous souhaitez commencer votre marche. Abbesses, sur la ligne 12, dessert le sud de la Butte, la place des Abbesses et le Mur des Je t'aime. Elle possède la station la plus profonde de Paris, 36 mètres sous terre, et l'un des derniers édicules Guimard d'origine. Anvers, sur la ligne 2, ouvre sur le boulevard de Rochechouart et sert de point de départ pour la montée par les escaliers et les jardins de la Villette. Lamarck-Caulaincourt, ligne 12, dessert le nord de la Butte et offre l'accès le plus reposant, avec une pente douce.
Le funiculaire et les escaliers
Le funiculaire de Montmartre, en service depuis 1900 sous cette forme automatisée depuis 1991, relie en moins de deux minutes la place Saint-Pierre au parvis du Sacré-Cœur. Il fonctionne de 6 h à 0 h 45 et accepte un ticket de métro classique. Pour les marcheurs, les escaliers du Sacré-Cœur, 222 marches réparties en volées régulières, offrent l'ascension la plus panoramique. La Rue Foyatier, escalier parallèle en pente droite, permet également de photographier la basilique en enfilade.
Se repérer entre les rues
Le quartier village s'articule autour de la place du Tertre au sommet, de la place des Abbesses au sud et de la place du Calvaire à l'est. Trois axes vous serviront de repères : la rue Lepic qui monte en spirale, la rue Caulaincourt qui longe le versant nord et la rue des Abbesses qui fait le lien entre Pigalle et le cœur du village. Marchez vers le haut le matin, vers le bas en fin de journée, et vous éviterez l'essentiel des groupes qui remontent la rue de Steinkerque en milieu de journée.
Le meilleur moment pour visiter
Montmartre change de visage plusieurs fois par jour. Le meilleur créneau pour visiter Montmartre à Paris se situe entre 7 h et 9 h le matin, lorsque les rues sont vides, que les livreurs de boulangerie remontent la Butte et que la lumière rasante caresse les façades. Le second créneau, plus court, s'étend de 18 h à 21 h en été, quand la foule se retire des marches du Sacré-Cœur et que les habitants sortent en terrasse. En hiver, la lumière du milieu de matinée, autour de 10 h, éclaire la basilique avec une douceur particulière.
Évitez si possible les samedis et dimanches d'avril à septembre entre 11 h et 17 h. Préférez le mardi ou le mercredi, où la fréquentation reste raisonnable même en haute saison. Pour un moment mémorable, montez la Butte un dimanche matin en octobre, pendant la Fête des Vendanges : cortèges costumés, marché des produits du terroir et vente aux enchères du Clos Montmartre.
Vivre Montmartre avec Merveil
Merveil Paris installe ses résidences dans les adresses qui portent l'esprit de la ville. Sur la Butte, notre appartement Signature Montmartre s'ouvre à quelques pas des vignes du Clos, dans une maison de village rénovée avec le soin que mérite le patrimoine haussmannien. Vous y retrouvez le silence des ruelles, les cheminées d'origine, un service hôtelier discret et la vue sur les toits d'ardoise du 18e arrondissement de Paris.
Pour vous accompagner dans la découverte du quartier, notre conciergerie organise vos réservations au Lapin Agile, vos visites privées du Musée de Montmartre, vos dégustations au Clos et vos dîners dans les tables les plus recherchées de la rue Lepic. Consultez également le guide des restaurants de Montmartre pour prolonger votre séjour au rythme des bistrots du quartier, du petit déjeuner au dîner.
FAQ
Dans quel arrondissement de Paris se trouve Montmartre ?
Le quartier Montmartre se situe dans le 18e arrondissement de Paris, au nord de la capitale. Il occupe le sommet de la colline de la Butte, la plus haute de Paris intra-muros avec une altitude de 130 mètres, et forme officiellement l'un des quatre quartiers administratifs du 18e, aux côtés de la Chapelle, la Goutte d'Or et Clignancourt. Le nom « Montmartre » désigne aussi bien l'ancien village annexé à Paris en 1860 que la butte elle-même. Les stations de métro Abbesses, Anvers et Lamarck-Caulaincourt en constituent les principaux points d'accès.
Combien de temps faut-il pour visiter Montmartre à Paris ?
Comptez une demi-journée pour un premier tour du quartier, une journée complète pour une visite approfondie. Une demi-journée permet de gravir la Butte, de visiter la basilique du Sacré-Cœur, de traverser la Place du Tertre, d'admirer la Villa Léandre et de descendre par la rue Lepic. Une journée entière ajoute le Musée de Montmartre avec les Jardins Renoir, un déjeuner dans un bistrot de la rue des Abbesses, la visite du Mur des Je t'aime, une pause au Café des Deux Moulins et, en fin de journée, une chanson au Lapin Agile ou un verre en terrasse rue Caulaincourt.
Comment monter au Sacré-Cœur sans se fatiguer ?
Le funiculaire de Montmartre, en service depuis 1900, relie en moins de deux minutes la place Saint-Pierre au parvis du Sacré-Cœur. Il fonctionne de 6 h à 0 h 45 et accepte un ticket de métro classique ou un pass Navigo. Alternative pour les marcheurs qui souhaitent éviter les 222 marches, la station Lamarck-Caulaincourt sur la ligne 12 vous dépose au nord de la Butte, d'où l'ascension se fait par pentes douces via la rue Lamarck et la rue du Chevalier de la Barre. Il existe également un petit train touristique qui monte depuis la place Blanche.
Où loger à Montmartre pour un séjour à Paris ?
Loger à Montmartre offre l'un des séjours les plus dépaysants de Paris, entre village et grande capitale. Privilégiez le secteur autour de la rue Caulaincourt, la rue Lamarck ou la rue des Abbesses pour retrouver le calme du quartier résidentiel, à quelques minutes à pied du Sacré-Cœur et du Musée de Montmartre. Les appartements-résidences de standing, comme ceux proposés par Merveil Paris, apportent l'espace, le service et la discrétion qui manquent souvent à l'hôtellerie du 18e. Évitez le bas de la Butte côté Pigalle si vous voyagez en famille, l'ambiance nocturne y étant plus animée.
