Table of Content
Musée Grévin et Boulevard Montmartre : guide historique
L'essentiel à retenir : Installé au 10 boulevard Montmartre depuis 1882, le musée Grévin figure parmi les plus anciens musées de cire au monde. Fondé par le journaliste Arthur Meyer et le caricaturiste Alfred Grévin, il déploie plus de deux cents personnages, une coupole art nouveau, un Palais des Mirages classé et un théâtre privé toujours en activité. Autour, le boulevard Montmartre et le passage Jouffroy racontent l'histoire des grands boulevards haussmanniens et de leurs promenades marchandes.
Il y a des adresses parisiennes qui ne se contentent pas de traverser les époques, elles les mettent en scène. Au 10 boulevard Montmartre, derrière une façade sombre discrète, le musée Grévin conserve depuis près de cent quarante-cinq ans un art singulier, celui de fixer dans la cire les visages qui font le siècle. Ouvert en 1882, il occupe un immeuble entier du 9e arrondissement, entre passages couverts, théâtres et brasseries d'un autre temps.
Ce guide vous emmène dans les coulisses d'un lieu que Paris considère comme un patrimoine à part, à la fois musée de cire, palais de miroirs, salle de spectacle et fenêtre ouverte sur l'histoire des grands boulevards. Vous y trouverez l'histoire du musée, la description de ses salles remarquables, les informations pratiques pour préparer votre venue, ainsi qu'une lecture des lieux environnants qui composent l'un des plus beaux ensembles haussmanniens de la rive droite.
Table of Contents
- Le Musée Grévin, 140 ans d'histoire
- La collection et les personnages emblématiques
- Le Palais des Mirages, une salle féerique classée
- Le Théâtre Grévin, dernière salle de spectacle privée en activité
- Le Boulevard Montmartre, artère haussmannienne
- Autour du Musée Grévin, les passages couverts
- Vivre Paris avec Merveil
Le Musée Grévin, 140 ans d'histoire
Une idée de journaliste, un geste de caricaturiste
L'histoire commence en 1881. Arthur Meyer, directeur du quotidien Le Gaulois, imagine un lieu où les lecteurs pourraient voir de leurs yeux les figures dont ils lisent le nom chaque matin dans les colonnes des journaux. À une époque où la photographie de presse balbutie encore, il pressent que le public a soif de visages, d'incarnation, de présence. Il confie la direction artistique à Alfred Grévin, dessinateur et caricaturiste réputé du Journal amusant, qui prête son nom à l'établissement.
Le musée ouvre ses portes le 5 juin 1882, dans un immeuble haussmannien situé au 10 boulevard Montmartre. Le succès est immédiat. Les Parisiens et les provinciaux de passage se pressent pour retrouver, en pied et grandeur nature, les figures politiques de la Troisième République, les acteurs des théâtres voisins, les criminels célèbres et les têtes couronnées d'Europe. Le musée s'impose très vite comme l'un des rendez-vous de la vie parisienne, à mi-chemin entre le cabinet de curiosités, la galerie de portraits et la scène de théâtre figée.
Une architecture intérieure préservée
Ce qui frappe dès l'entrée, c'est la qualité de l'écrin. Le hall d'honneur conserve sa coupole art nouveau, ses colonnes de marbre, ses vitraux et ses dorures patinées d'origine. Cette galerie de sculpture, dessinée dans les années 1900, plonge le visiteur dans un décor de fin de siècle intact, éclairages tamisés, boiseries laquées, staffs sculptés qui rappellent que le musée fut, dès sa fondation, pensé comme un salon monumental.
Au fil des décennies, le musée a traversé les guerres, les modes et les transformations du boulevard sans jamais quitter son adresse. Il figure aujourd'hui parmi les rares institutions du 9e à avoir conservé son emplacement, son décor et sa vocation d'origine depuis le règne de Jules Grévy.
La collection et les personnages emblématiques
Plus de deux cents figures de cire
La collection compte aujourd'hui plus de deux cents personnages, répartis entre les grandes salles thématiques du parcours. Chefs d'État contemporains, artistes, sportifs, écrivains, comédiens, chanteurs, la scénographie mêle célébrités actuelles et figures historiques dans une chronologie savamment brouillée. Vous croisez, en une visite, Louis XIV et Zinédine Zidane, Marilyn Monroe et Molière, les impressionnistes réunis autour de leur chevalet et les stars du cinéma français d'aujourd'hui.
Chaque personnage réclame six mois de travail. Le sculpteur modèle d'abord la tête en argile à partir de photographies et, quand cela reste possible, de séances de pose avec la personnalité concernée. Le buste est ensuite moulé en cire, teinté, implanté cheveu par cheveu à la main. Les yeux sont en verre soufflé, les dents parfois moulées à partir de la mâchoire réelle du modèle. Ce travail d'orfèvre explique l'impression saisissante que produisent certaines figures, jusqu'à l'inconfort, quand un regard vous fixe depuis l'obscurité d'une salle.
Les tableaux historiques
Le parcours réserve une place particulière à ce que la maison appelle ses tableaux historiques, des reconstitutions grandeur nature de scènes clés du passé français. Le sacre de Napoléon, l'exécution de Marie-Antoinette, la mort de Marat, la rencontre de Jeanne d'Arc et du dauphin Charles, chaque décor est traité comme une scène de théâtre, avec costumes d'époque, mobilier chiné et éclairages travaillés. Ces salles offrent une lecture presque cinématographique de l'histoire de France, dans le silence feutré des salles du musée.
Le Palais des Mirages, une salle féerique classée
Le Palais des Mirages constitue à lui seul une raison de venir. Installation présentée pour la première fois à l'Exposition universelle de 1900, elle fut acquise par le musée Grévin en 1906 et reste depuis dans la même salle, avec le même mécanisme d'origine. Une salle octogonale entièrement tapissée de miroirs se transforme, sous l'effet d'un jeu d'éclairages coloré et d'une rotation lente des panneaux, en trois décors successifs, un temple indien, une forêt enchantée et un palais des mille et une nuits.
La salle est classée au titre des monuments historiques depuis 1978. Le mécanisme, entièrement électromécanique, fonctionne encore aujourd'hui grâce aux pièces d'origine, régulièrement entretenues par les ateliers du musée. La féerie dure six minutes, dans une pénombre traversée d'ombres et de reflets qui démultiplient les colonnes, les feuillages et les lustres à l'infini. Beaucoup de visiteurs quittent la salle en assurant y être restés bien plus longtemps que la durée réelle du spectacle.
Le Théâtre Grévin, dernière salle de spectacle privée en activité
Au premier étage du musée, la salle du Théâtre Grévin fut inaugurée en 1900 et reste, à ce jour, l'une des dernières salles de spectacle privées de Paris encore en activité dans son décor d'origine. Elle fut dessinée par les architectes Antoine Bourdelle et Jules Chéret, deux figures majeures de l'affiche et de la sculpture de la Belle Époque. La scène a accueilli, dans les premières décennies, des programmes de prestidigitation, de pantomime, de ventriloquisme et de projections lumineuses qui préfigurent le cinéma des frères Lumière.
Le décor est resté intact, murs peints de motifs floraux, plafond à caissons, avant-scène sculptée, sièges de velours rouge. Aujourd'hui, la salle sert de cadre à des spectacles de magie, à des soirées privées et à des projections pour les visiteurs du musée. C'est l'un des rares théâtres parisiens où l'on peut encore s'asseoir dans un décor de 1900 sans qu'aucune restauration n'ait effacé la patine des lieux.
Le Boulevard Montmartre, artère haussmannienne
Des grands boulevards à la modernité de la Belle Époque
Le boulevard Montmartre appartient à la ligne des grands boulevards, cette suite continue de larges avenues percées à l'emplacement des anciens remparts de Louis XIII, du boulevard de la Madeleine à la place de la République. Le boulevard Montmartre proprement dit relie le boulevard Poissonnière au boulevard des Italiens. Il fut aménagé au 19e siècle, dans la logique urbaine léguée par Haussmann, avec ses immeubles de rapport à cinq étages, ses balcons filants, ses corniches sculptées et ses toitures en zinc caractéristiques.
Au 19e siècle, cette portion des grands boulevards était l'un des cœurs battants de la vie parisienne. On y trouvait les cafés à la mode, les théâtres du Vaudeville et des Variétés, le Panorama de Napoléon III, les grands magasins naissants et une population de flâneurs que Baudelaire, Balzac ou Zola ont mise en scène dans leurs pages. La peinture d'époque en garde la trace, Camille Pissarro a peint depuis une fenêtre du Grand Hôtel de Russie, en 1897, une célèbre série de vues du boulevard Montmartre par temps de pluie, aujourd'hui conservée à l'Ermitage de Saint-Pétersbourg.
Un quartier redevenu vivant
Le boulevard Montmartre traverse aujourd'hui une renaissance discrète. Les brasseries historiques, comme le Grand Colbert un peu plus au sud ou Chartier, plus loin sur le boulevard Poissonnière, ont retrouvé leur clientèle. Les passages couverts, longtemps assoupis, sont redevenus des adresses prisées des Parisiens comme des voyageurs avertis. Le boulevard reste, en somme, l'une des lignes les plus lisibles pour comprendre la géographie de Paris à la fin du 19e siècle.
Autour du Musée Grévin, les passages couverts
Le passage Jouffroy, accès secondaire du musée
Le musée Grévin possède une entrée principale sur le boulevard Montmartre et une entrée secondaire, plus confidentielle, par le passage Jouffroy. Ce passage couvert, ouvert en 1846, est l'un des rares de Paris à avoir été conçu dès l'origine avec un chauffage au sol et une verrière métallique, deux innovations remarquables pour l'époque. Il abrite aujourd'hui des librairies anciennes, des boutiques de jouets de collection, un hôtel discret et le célèbre Palais du thé.
Traverser le passage Jouffroy avant ou après la visite du musée reste l'une des expériences parisiennes les plus douces. La lumière filtre à travers la verrière, les vitrines exposent des cartes postales, des cannes de collection ou des figurines, l'atmosphère y est celle d'un salon d'hiver ininterrompu.
Passage des Panoramas et passage Verdeau
De l'autre côté du boulevard Montmartre, le passage des Panoramas, ouvert en 1799, revendique le titre de plus ancien passage couvert de Paris. On y trouve des marchands de timbres et de monnaies anciennes, des bistrots gastronomiques et l'entrée des artistes du théâtre des Variétés. Dans le prolongement du passage Jouffroy, le passage Verdeau conserve ses librairies d'occasion et ses galeries d'affiches anciennes. À trois adresses de marche, on parcourt ainsi deux siècles d'histoire commerciale parisienne, sans jamais mettre le nez dehors.
Vivre Paris avec Merveil
Merveil Paris fait le pont entre la vie privée et le service cinq étoiles. Nos résidences s'installent dans les quartiers les plus raffinés de la capitale, du Louvre à Saint-Germain, du Marais au 9e arrondissement, à quelques rues des grands boulevards et de leurs musées. Pour chaque séjour, notre conciergerie vous réserve vos billets coupe-file pour le musée Grévin, organise une visite privée du Palais des Mirages ou vous compose un itinéraire des passages couverts adapté à votre rythme. Découvrez nos appartements à Paris pour vivre les grands boulevards comme un Parisien, entre balades matinales, séances d'après-midi et dîners dans les brasseries historiques du quartier, et prolongez la visite avec notre guide du 9e arrondissement.
FAQ
Quels sont les tarifs du musée Grévin en 2026 ?
Le tarif plein pour un adulte s'établit en 2026 autour de 26,50 € en ligne et 29,50 € au guichet. Le tarif enfant, de 5 à 18 ans, tourne autour de 20,50 € en ligne. Les moins de 5 ans entrent gratuitement. Le musée propose également des billets famille, des tarifs réduits pour les étudiants, ainsi qu'un pass annuel. La réservation en ligne reste conseillée, notamment pour les week-ends et les vacances scolaires, afin d'éviter la file au guichet du 10 boulevard Montmartre.
Quels sont les horaires du musée Grévin ?
Le musée Grévin est ouvert toute l'année. Il accueille les visiteurs du lundi au vendredi de 10 h à 18 h, avec une dernière entrée à 17 h. Les week-ends et pendant les vacances scolaires, les horaires sont élargis, généralement de 9 h 30 à 19 h, avec une dernière entrée à 18 h. Une consultation du site officiel avant votre venue reste recommandée, les horaires pouvant être modifiés lors des jours fériés ou des événements privés du Théâtre Grévin.
Combien de temps prévoir pour visiter le musée Grévin ?
La visite du musée Grévin réclame en moyenne une heure trente à deux heures, en incluant le Palais des Mirages et le Théâtre Grévin. Les familles avec enfants prennent souvent le temps de poser pour des photographies devant leurs personnages favoris, ce qui allonge la durée à deux heures trente. Pour vivre pleinement l'expérience de la coupole, du palais des miroirs et des salles historiques, prévoyez de venir en fin de matinée ou en début d'après-midi, moments où l'affluence reste raisonnable.
Comment accéder au musée Grévin depuis les grands boulevards ?
Le musée Grévin est situé au 10 boulevard Montmartre, dans le 9e arrondissement. La station de métro la plus proche est Grands Boulevards, sur les lignes 8 et 9, à moins d'une minute à pied. Les stations Richelieu-Drouot, ligne 8 et 9, et Rue Montmartre, ligne 8, se trouvent également à cinq minutes. Le musée dispose d'une entrée principale sur le boulevard et d'une entrée secondaire par le passage Jouffroy, particulièrement agréable les jours de pluie. Plusieurs stations de vélos en libre-service se trouvent le long du boulevard Poissonnière et rue de Richelieu.
Musée Grévin et Boulevard Montmartre : guide historique
L'essentiel à retenir : Installé au 10 boulevard Montmartre depuis 1882, le musée Grévin figure parmi les plus anciens musées de cire au monde. Fondé par le journaliste Arthur Meyer et le caricaturiste Alfred Grévin, il déploie plus de deux cents personnages, une coupole art nouveau, un Palais des Mirages classé et un théâtre privé toujours en activité. Autour, le boulevard Montmartre et le passage Jouffroy racontent l'histoire des grands boulevards haussmanniens et de leurs promenades marchandes.
Il y a des adresses parisiennes qui ne se contentent pas de traverser les époques, elles les mettent en scène. Au 10 boulevard Montmartre, derrière une façade sombre discrète, le musée Grévin conserve depuis près de cent quarante-cinq ans un art singulier, celui de fixer dans la cire les visages qui font le siècle. Ouvert en 1882, il occupe un immeuble entier du 9e arrondissement, entre passages couverts, théâtres et brasseries d'un autre temps.
Ce guide vous emmène dans les coulisses d'un lieu que Paris considère comme un patrimoine à part, à la fois musée de cire, palais de miroirs, salle de spectacle et fenêtre ouverte sur l'histoire des grands boulevards. Vous y trouverez l'histoire du musée, la description de ses salles remarquables, les informations pratiques pour préparer votre venue, ainsi qu'une lecture des lieux environnants qui composent l'un des plus beaux ensembles haussmanniens de la rive droite.
Table of Contents
- Le Musée Grévin, 140 ans d'histoire
- La collection et les personnages emblématiques
- Le Palais des Mirages, une salle féerique classée
- Le Théâtre Grévin, dernière salle de spectacle privée en activité
- Le Boulevard Montmartre, artère haussmannienne
- Autour du Musée Grévin, les passages couverts
- Vivre Paris avec Merveil
Le Musée Grévin, 140 ans d'histoire
Une idée de journaliste, un geste de caricaturiste
L'histoire commence en 1881. Arthur Meyer, directeur du quotidien Le Gaulois, imagine un lieu où les lecteurs pourraient voir de leurs yeux les figures dont ils lisent le nom chaque matin dans les colonnes des journaux. À une époque où la photographie de presse balbutie encore, il pressent que le public a soif de visages, d'incarnation, de présence. Il confie la direction artistique à Alfred Grévin, dessinateur et caricaturiste réputé du Journal amusant, qui prête son nom à l'établissement.
Le musée ouvre ses portes le 5 juin 1882, dans un immeuble haussmannien situé au 10 boulevard Montmartre. Le succès est immédiat. Les Parisiens et les provinciaux de passage se pressent pour retrouver, en pied et grandeur nature, les figures politiques de la Troisième République, les acteurs des théâtres voisins, les criminels célèbres et les têtes couronnées d'Europe. Le musée s'impose très vite comme l'un des rendez-vous de la vie parisienne, à mi-chemin entre le cabinet de curiosités, la galerie de portraits et la scène de théâtre figée.
Une architecture intérieure préservée
Ce qui frappe dès l'entrée, c'est la qualité de l'écrin. Le hall d'honneur conserve sa coupole art nouveau, ses colonnes de marbre, ses vitraux et ses dorures patinées d'origine. Cette galerie de sculpture, dessinée dans les années 1900, plonge le visiteur dans un décor de fin de siècle intact, éclairages tamisés, boiseries laquées, staffs sculptés qui rappellent que le musée fut, dès sa fondation, pensé comme un salon monumental.
Au fil des décennies, le musée a traversé les guerres, les modes et les transformations du boulevard sans jamais quitter son adresse. Il figure aujourd'hui parmi les rares institutions du 9e à avoir conservé son emplacement, son décor et sa vocation d'origine depuis le règne de Jules Grévy.
La collection et les personnages emblématiques
Plus de deux cents figures de cire
La collection compte aujourd'hui plus de deux cents personnages, répartis entre les grandes salles thématiques du parcours. Chefs d'État contemporains, artistes, sportifs, écrivains, comédiens, chanteurs, la scénographie mêle célébrités actuelles et figures historiques dans une chronologie savamment brouillée. Vous croisez, en une visite, Louis XIV et Zinédine Zidane, Marilyn Monroe et Molière, les impressionnistes réunis autour de leur chevalet et les stars du cinéma français d'aujourd'hui.
Chaque personnage réclame six mois de travail. Le sculpteur modèle d'abord la tête en argile à partir de photographies et, quand cela reste possible, de séances de pose avec la personnalité concernée. Le buste est ensuite moulé en cire, teinté, implanté cheveu par cheveu à la main. Les yeux sont en verre soufflé, les dents parfois moulées à partir de la mâchoire réelle du modèle. Ce travail d'orfèvre explique l'impression saisissante que produisent certaines figures, jusqu'à l'inconfort, quand un regard vous fixe depuis l'obscurité d'une salle.
Les tableaux historiques
Le parcours réserve une place particulière à ce que la maison appelle ses tableaux historiques, des reconstitutions grandeur nature de scènes clés du passé français. Le sacre de Napoléon, l'exécution de Marie-Antoinette, la mort de Marat, la rencontre de Jeanne d'Arc et du dauphin Charles, chaque décor est traité comme une scène de théâtre, avec costumes d'époque, mobilier chiné et éclairages travaillés. Ces salles offrent une lecture presque cinématographique de l'histoire de France, dans le silence feutré des salles du musée.
Le Palais des Mirages, une salle féerique classée
Le Palais des Mirages constitue à lui seul une raison de venir. Installation présentée pour la première fois à l'Exposition universelle de 1900, elle fut acquise par le musée Grévin en 1906 et reste depuis dans la même salle, avec le même mécanisme d'origine. Une salle octogonale entièrement tapissée de miroirs se transforme, sous l'effet d'un jeu d'éclairages coloré et d'une rotation lente des panneaux, en trois décors successifs, un temple indien, une forêt enchantée et un palais des mille et une nuits.
La salle est classée au titre des monuments historiques depuis 1978. Le mécanisme, entièrement électromécanique, fonctionne encore aujourd'hui grâce aux pièces d'origine, régulièrement entretenues par les ateliers du musée. La féerie dure six minutes, dans une pénombre traversée d'ombres et de reflets qui démultiplient les colonnes, les feuillages et les lustres à l'infini. Beaucoup de visiteurs quittent la salle en assurant y être restés bien plus longtemps que la durée réelle du spectacle.
Le Théâtre Grévin, dernière salle de spectacle privée en activité
Au premier étage du musée, la salle du Théâtre Grévin fut inaugurée en 1900 et reste, à ce jour, l'une des dernières salles de spectacle privées de Paris encore en activité dans son décor d'origine. Elle fut dessinée par les architectes Antoine Bourdelle et Jules Chéret, deux figures majeures de l'affiche et de la sculpture de la Belle Époque. La scène a accueilli, dans les premières décennies, des programmes de prestidigitation, de pantomime, de ventriloquisme et de projections lumineuses qui préfigurent le cinéma des frères Lumière.
Le décor est resté intact, murs peints de motifs floraux, plafond à caissons, avant-scène sculptée, sièges de velours rouge. Aujourd'hui, la salle sert de cadre à des spectacles de magie, à des soirées privées et à des projections pour les visiteurs du musée. C'est l'un des rares théâtres parisiens où l'on peut encore s'asseoir dans un décor de 1900 sans qu'aucune restauration n'ait effacé la patine des lieux.
Le Boulevard Montmartre, artère haussmannienne
Des grands boulevards à la modernité de la Belle Époque
Le boulevard Montmartre appartient à la ligne des grands boulevards, cette suite continue de larges avenues percées à l'emplacement des anciens remparts de Louis XIII, du boulevard de la Madeleine à la place de la République. Le boulevard Montmartre proprement dit relie le boulevard Poissonnière au boulevard des Italiens. Il fut aménagé au 19e siècle, dans la logique urbaine léguée par Haussmann, avec ses immeubles de rapport à cinq étages, ses balcons filants, ses corniches sculptées et ses toitures en zinc caractéristiques.
Au 19e siècle, cette portion des grands boulevards était l'un des cœurs battants de la vie parisienne. On y trouvait les cafés à la mode, les théâtres du Vaudeville et des Variétés, le Panorama de Napoléon III, les grands magasins naissants et une population de flâneurs que Baudelaire, Balzac ou Zola ont mise en scène dans leurs pages. La peinture d'époque en garde la trace, Camille Pissarro a peint depuis une fenêtre du Grand Hôtel de Russie, en 1897, une célèbre série de vues du boulevard Montmartre par temps de pluie, aujourd'hui conservée à l'Ermitage de Saint-Pétersbourg.
Un quartier redevenu vivant
Le boulevard Montmartre traverse aujourd'hui une renaissance discrète. Les brasseries historiques, comme le Grand Colbert un peu plus au sud ou Chartier, plus loin sur le boulevard Poissonnière, ont retrouvé leur clientèle. Les passages couverts, longtemps assoupis, sont redevenus des adresses prisées des Parisiens comme des voyageurs avertis. Le boulevard reste, en somme, l'une des lignes les plus lisibles pour comprendre la géographie de Paris à la fin du 19e siècle.
Autour du Musée Grévin, les passages couverts
Le passage Jouffroy, accès secondaire du musée
Le musée Grévin possède une entrée principale sur le boulevard Montmartre et une entrée secondaire, plus confidentielle, par le passage Jouffroy. Ce passage couvert, ouvert en 1846, est l'un des rares de Paris à avoir été conçu dès l'origine avec un chauffage au sol et une verrière métallique, deux innovations remarquables pour l'époque. Il abrite aujourd'hui des librairies anciennes, des boutiques de jouets de collection, un hôtel discret et le célèbre Palais du thé.
Traverser le passage Jouffroy avant ou après la visite du musée reste l'une des expériences parisiennes les plus douces. La lumière filtre à travers la verrière, les vitrines exposent des cartes postales, des cannes de collection ou des figurines, l'atmosphère y est celle d'un salon d'hiver ininterrompu.
Passage des Panoramas et passage Verdeau
De l'autre côté du boulevard Montmartre, le passage des Panoramas, ouvert en 1799, revendique le titre de plus ancien passage couvert de Paris. On y trouve des marchands de timbres et de monnaies anciennes, des bistrots gastronomiques et l'entrée des artistes du théâtre des Variétés. Dans le prolongement du passage Jouffroy, le passage Verdeau conserve ses librairies d'occasion et ses galeries d'affiches anciennes. À trois adresses de marche, on parcourt ainsi deux siècles d'histoire commerciale parisienne, sans jamais mettre le nez dehors.
Vivre Paris avec Merveil
Merveil Paris fait le pont entre la vie privée et le service cinq étoiles. Nos résidences s'installent dans les quartiers les plus raffinés de la capitale, du Louvre à Saint-Germain, du Marais au 9e arrondissement, à quelques rues des grands boulevards et de leurs musées. Pour chaque séjour, notre conciergerie vous réserve vos billets coupe-file pour le musée Grévin, organise une visite privée du Palais des Mirages ou vous compose un itinéraire des passages couverts adapté à votre rythme. Découvrez nos appartements à Paris pour vivre les grands boulevards comme un Parisien, entre balades matinales, séances d'après-midi et dîners dans les brasseries historiques du quartier, et prolongez la visite avec notre guide du 9e arrondissement.
FAQ
Quels sont les tarifs du musée Grévin en 2026 ?
Le tarif plein pour un adulte s'établit en 2026 autour de 26,50 € en ligne et 29,50 € au guichet. Le tarif enfant, de 5 à 18 ans, tourne autour de 20,50 € en ligne. Les moins de 5 ans entrent gratuitement. Le musée propose également des billets famille, des tarifs réduits pour les étudiants, ainsi qu'un pass annuel. La réservation en ligne reste conseillée, notamment pour les week-ends et les vacances scolaires, afin d'éviter la file au guichet du 10 boulevard Montmartre.
Quels sont les horaires du musée Grévin ?
Le musée Grévin est ouvert toute l'année. Il accueille les visiteurs du lundi au vendredi de 10 h à 18 h, avec une dernière entrée à 17 h. Les week-ends et pendant les vacances scolaires, les horaires sont élargis, généralement de 9 h 30 à 19 h, avec une dernière entrée à 18 h. Une consultation du site officiel avant votre venue reste recommandée, les horaires pouvant être modifiés lors des jours fériés ou des événements privés du Théâtre Grévin.
Combien de temps prévoir pour visiter le musée Grévin ?
La visite du musée Grévin réclame en moyenne une heure trente à deux heures, en incluant le Palais des Mirages et le Théâtre Grévin. Les familles avec enfants prennent souvent le temps de poser pour des photographies devant leurs personnages favoris, ce qui allonge la durée à deux heures trente. Pour vivre pleinement l'expérience de la coupole, du palais des miroirs et des salles historiques, prévoyez de venir en fin de matinée ou en début d'après-midi, moments où l'affluence reste raisonnable.
Comment accéder au musée Grévin depuis les grands boulevards ?
Le musée Grévin est situé au 10 boulevard Montmartre, dans le 9e arrondissement. La station de métro la plus proche est Grands Boulevards, sur les lignes 8 et 9, à moins d'une minute à pied. Les stations Richelieu-Drouot, ligne 8 et 9, et Rue Montmartre, ligne 8, se trouvent également à cinq minutes. Le musée dispose d'une entrée principale sur le boulevard et d'une entrée secondaire par le passage Jouffroy, particulièrement agréable les jours de pluie. Plusieurs stations de vélos en libre-service se trouvent le long du boulevard Poissonnière et rue de Richelieu.
