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Rue Vieille du Temple : cœur battant du Marais
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Thursday
03
September
2026

Rue Vieille du Temple : cœur battant du Marais

L'essentiel à retenir : La rue Vieille du Temple est l'une des plus anciennes voies du Marais. Tracée au XIIe siècle pour rejoindre l'enclos des Templiers, elle traverse aujourd'hui les 3e et 4e arrondissements sur près d'un kilomètre, entre la rue de Rivoli et le boulevard Beaumarchais. On y croise des hôtels particuliers classés comme l'hôtel de Rohan ou l'hôtel Amelot de Bisseuil, des cafés devenus institutions tels Le Progrès et La Perle, des boutiques de créateurs, des tables franc-parisiennes comme Robert et Louise ou Breizh Café. Une rue longue à parcourir sans plan, à toute heure, dans un quartier que Merveil Paris connaît par cœur.

Le soir tombé, la rue Vieille du Temple sent le pavé humide, la fumée d'une cuisine ouverte, le vieux bois d'une porte cochère qu'un habitant referme derrière lui. Les lampadaires posent une lueur douce sur les façades ivoirines, les enseignes en fer forgé grincent au moindre courant d'air. Personne ne presse le pas ici. On marche lentement, on regarde les vitrines des libraires, on s'arrête pour lire une plaque commémorative, on pousse la lourde porte d'un café qui n'a pas changé depuis un siècle.

Ce guide vous propose de parcourir cette rue par étapes, du sud vers le nord, comme on remonte une histoire. Vous y trouverez les repères indispensables, les hôtels particuliers à repérer derrière les grilles, les tables où les Parisiens ont leurs habitudes, les cafés où l'on peut s'attarder deux heures avec un simple café. Le Marais tel qu'il se vit, à hauteur de pavés inégaux et de conversations basses.

L'histoire d'une des plus anciennes rues du Marais

Une voie tracée au XIIe siècle

La rue Vieille du Temple tient son nom de l'enclos du Temple, la puissante commanderie des Templiers installée au nord de Paris, aux abords de l'actuel square du Temple. La rue apparaît dès le XIIe siècle sous le nom de rue du Temple, avant d'être rebaptisée rue Vieille du Temple lorsqu'une seconde voie parallèle est ouverte au XIIIe siècle pour rejoindre plus directement la commanderie. La distinction entre l'ancienne et la nouvelle rue du Temple s'est fixée dans l'usage puis dans la toponymie officielle.

Longue de près d'un kilomètre, la rue relie aujourd'hui la rue de Rivoli, au sud, au boulevard Beaumarchais, au nord, en traversant successivement le 4e et le 3e arrondissements. Elle croise la rue des Francs-Bourgeois, la rue des Rosiers, la rue de la Perle, la rue de Bretagne, autant d'axes majeurs du Marais historique.

Un quartier resté aristocratique jusqu'à la Révolution

Le Marais a longtemps été le quartier de résidence de la haute noblesse française. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les grandes familles y font bâtir des hôtels particuliers d'une élégance rare, souvent adossés à des jardins, protégés par des porches monumentaux. Après la Révolution, le quartier a perdu son statut aristocratique et vécu un long déclin, avant d'être sauvé par la loi Malraux de 1962 qui a classé le secteur en secteur sauvegardé. C'est ce classement qui a permis la restauration patiente des façades et des cours pavées que l'on admire aujourd'hui.

Les hôtels particuliers de la rue

L'hôtel de Rohan

Au 87 rue Vieille du Temple, presque à l'angle de la rue des Quatre-Fils, l'hôtel de Rohan a été construit à partir de 1705 par l'architecte Pierre-Alexis Delamair pour Armand-Gaston-Maximilien de Rohan, futur cardinal-évêque de Strasbourg. La demeure présente une façade classique d'une grande sobriété, un jardin à la française et une écurie dont le fronton est orné du groupe sculpté des Chevaux du Soleil de Robert Le Lorrain, l'un des joyaux de la sculpture décorative française du XVIIIe siècle. L'hôtel appartient aux Archives nationales, qui l'ont récemment restauré. Certaines salles se visitent lors des Journées européennes du patrimoine ou d'expositions temporaires.

L'hôtel de Soubise et les Archives nationales

À quelques dizaines de mètres, l'hôtel de Soubise, dont l'entrée principale se trouve au 60 rue des Francs-Bourgeois, prolonge la même emprise. Construit lui aussi par Delamair pour la famille Rohan-Soubise, il abrite les salons rocaille peints par Boucher, Van Loo et Natoire, considérés comme le plus bel ensemble décoratif rococo de Paris. Le Musée des Archives nationales y est ouvert au public plusieurs jours par semaine. C'est l'un des rares endroits parisiens où l'on peut voir la lettre de convocation aux États généraux de 1789 ou le testament de Louis XVI.

L'hôtel Amelot de Bisseuil, dit hôtel des Ambassadeurs de Hollande

Au 47 rue Vieille du Temple, on s'arrête devant le portail d'entrée sculpté par Thomas Regnaudin en 1660, décoré de deux figures allégoriques de Romulus et Rémus. L'hôtel Amelot de Bisseuil, connu aussi sous le nom d'hôtel des Ambassadeurs de Hollande, a longtemps abrité les représentations diplomatiques néerlandaises. Beaumarchais y installa vers 1776 les bureaux de sa société d'armement Rodrigue Hortalez et Cie, qui finança secrètement les insurgés américains pendant la guerre d'Indépendance. La cour intérieure, exceptionnellement ouverte, révèle un puits ancien et des façades ornées de bas-reliefs.

D'autres demeures à repérer

D'autres hôtels particuliers ponctuent la rue, souvent moins connus mais tout aussi intéressants. L'hôtel Hérouet, à l'angle de la rue des Francs-Bourgeois, présente une tourelle d'angle typique du gothique tardif, rescapée d'une rénovation partielle après les bombardements de 1944.

Les boutiques mode et lifestyle

Le Marais est devenu depuis vingt ans l'un des quartiers de la mode à Paris, et la rue Vieille du Temple concentre une part de cette effervescence. On y trouve des boutiques de créateurs indépendants, des enseignes de prêt-à-porter pointu, des concepts stores dédiés au design scandinave, à la papeterie japonaise ou à la parfumerie de niche. Les librairies indépendantes ne sont pas rares, l'une d'elles se consacre à la photographie et aux magazines internationaux. Plusieurs enseignes de bijoux d'auteur et de céramique contemporaine occupent d'anciens ateliers, dont les vitrines d'origine ont été soigneusement conservées.

Le concept store Merci, à quelques mètres au bout de la rue Vieille du Temple, sur le boulevard Beaumarchais au numéro 111, prolonge naturellement la balade. Sa cour intérieure abrite une Fiat 500 rouge devenue l'un des points les plus photographiés du quartier. Aux abords de la rue de Bretagne, le marché des Enfants Rouges attire ceux qui viennent y prendre un déjeuner rapide entre deux boutiques.

Les cafés et bars emblématiques

Café La Perle

Au 78 rue Vieille du Temple, à l'angle de la rue de la Perle, ce café-bar est devenu au fil des années l'un des rendez-vous des créatifs, galeristes et fashionistas du Marais. La terrasse déborde dès les beaux jours, la salle intérieure reste chaleureuse avec son long comptoir en zinc. On y vient à toute heure, pour un café le matin, un verre de vin en fin d'après-midi, une bière tard le soir. L'ambiance est plus animée le jeudi et le vendredi, quand les vernissages du quartier se prolongent au comptoir.

Le Progrès

À l'angle de la rue de Bretagne et de la rue Vieille du Temple, Le Progrès occupe une adresse de bistrot qui n'a presque pas changé depuis des décennies. Banquettes en cuir usé, comptoir en bois patiné, éclairage tamisé, la salle vibre à midi comme le soir. On y sert une cuisine simple de brasserie, œuf mayo, croque-monsieur, tartare, salade de chèvre chaud. C'est l'un des rares établissements du Marais où l'on peut encore prendre un café pour deux euros au comptoir en écoutant les habitués commenter les nouvelles du quartier.

Chez Camille et les adresses de nuit

Un peu plus au nord, plusieurs bars discrets prolongent les soirées bien après la fermeture des restaurants. On y boit des cocktails soignés, parfois signés par des barmen formés dans les grandes maisons. Chez Camille et quelques adresses voisines cultivent une atmosphère intimiste, avec peu de tables, un service attentif, une carte de vins naturels bien construite. Ce sont des lieux où l'on parle bas, où l'on prolonge une conversation commencée à table, où l'on prend son temps.

Les tables gastronomiques

Robert et Louise, le grill au feu de bois

Au 64 rue Vieille du Temple, Robert et Louise sert depuis 1987 une cuisine française de tradition, avec pour signature les côtes de bœuf grillées dans la cheminée de la salle. Les tables en bois brut, les nappes à carreaux, la lumière chaude des braises composent un décor de bistrot d'auberge en plein Marais. La carte reste courte, canard aux cèpes, gigot d'agneau, tarte Tatin, mais le sérieux du produit et la précision de la cuisson en font l'une des adresses les plus fidèles du quartier.

Breizh Café, la crêperie de référence

Au 109 rue Vieille du Temple, Bertrand Larcher a implanté en 1996 la première adresse parisienne de son Breizh Café, une crêperie qui a redonné ses lettres de noblesse à la galette de sarrasin bio. Les farines sont moulues sur meule de pierre en Bretagne, le beurre vient de Jean-Yves Bordier, le cidre est servi dans des bolées d'artisans. La carte propose des galettes classiques comme la complète et des créations plus travaillées autour du poisson fumé ou du confit de canard. Un comptoir voisin, Le Bar à Cidres, prolonge l'expérience avec une carte de plus de vingt cidres bretons et normands.

Autour de la rue

Aux alentours immédiats, les tables du Marais nord multiplient les propositions, du bistrot italien au restaurant du marché, en passant par les tables japonaises intimistes et les néo-bistrots portés par la jeune scène parisienne. La rue Charlot, la rue de Bretagne, la rue Debelleyme dessinent avec la rue Vieille du Temple un carré gourmand rare à Paris.

Se balader rue Vieille du Temple

Le meilleur moment pour parcourir la rue reste le samedi matin, quand les riverains descendent chercher leur pain et que les boutiques ouvrent doucement. On peut partir de la rue de Rivoli, traverser lentement le 4e, s'attarder devant le portail de l'hôtel Amelot de Bisseuil, boire un café à La Perle, passer devant l'hôtel de Rohan et remonter jusqu'à la rue de Bretagne pour déjeuner au marché des Enfants Rouges. Compter deux heures pour la balade, davantage si l'on entre dans les hôtels particuliers ouverts au public.

Le soir, l'ambiance change, les terrasses se remplissent, la lumière des vitrines transforme les façades en tableaux, et la rue devient l'un des points de rendez-vous de la nuit parisienne, tout en gardant sa mesure.

Vivre le Marais avec Merveil

Merveil Paris propose des résidences privées installées dans les plus beaux quartiers de la capitale, dont plusieurs adresses au cœur du Marais, à quelques minutes à pied de la rue Vieille du Temple. Nos appartements occupent d'anciens hôtels particuliers du 3e et du 4e arrondissement, entièrement rénovés, avec pierres apparentes, poutres d'origine, cuisines équipées et service hôtelier cinq étoiles. Vous vivez comme un Parisien, dans un pied-à-terre pensé pour recevoir, cuisiner, dormir paisiblement.

Découvrez nos appartements dans le Marais pour un séjour au cœur du quartier, laissez notre conciergerie vous ouvrir les portes des tables les plus difficiles à réserver et des visites privées d'hôtels particuliers, et prenez le temps de lire le guide complet du Marais pour préparer chaque promenade avant de descendre dans la rue.

FAQ

Pourquoi la rue s'appelle-t-elle Vieille du Temple ?

La rue tient son nom de l'enclos du Temple, la commanderie des Templiers installée au nord de Paris à partir du XIIe siècle. Une première rue du Temple avait été tracée pour rejoindre cette commanderie. Lorsqu'une seconde voie parallèle a été ouverte au XIIIe siècle pour offrir un accès plus direct au Temple, la première a été rebaptisée rue Vieille du Temple, littéralement l'ancienne rue du Temple. La distinction s'est ensuite fixée dans l'usage puis dans la toponymie officielle de la ville.

Quels hôtels particuliers visiter rue Vieille du Temple ?

Les trois adresses majeures sont l'hôtel de Rohan au 87, l'hôtel Amelot de Bisseuil au 47 et l'hôtel de Soubise à l'angle de la rue des Francs-Bourgeois, au 60. L'hôtel de Soubise abrite le Musée des Archives nationales, ouvert plusieurs jours par semaine, avec ses salons rocaille peints par Boucher et Natoire. L'hôtel de Rohan et l'hôtel Amelot de Bisseuil se visitent surtout lors des Journées européennes du patrimoine, chaque 3e week-end de septembre, ou lors d'expositions temporaires organisées par les Archives nationales.

Où boire un café rue Vieille du Temple ?

Trois adresses reviennent souvent parmi les habitués du quartier. Le Progrès, à l'angle de la rue de Bretagne, sert un café simple dans une salle de bistrot restée fidèle à son décor d'origine. Café La Perle, au 78, à l'angle de la rue de la Perle, réunit une clientèle plus créative, avec une terrasse bondée aux beaux jours. Chez Camille et quelques bars voisins prolongent l'ambiance en soirée avec des cartes de cocktails et de vins naturels.

Comment se rendre rue Vieille du Temple en métro ?

La rue est desservie par plusieurs stations selon l'endroit où vous souhaitez descendre. Hôtel de Ville, ligne 1 et ligne 11, dépose à quelques minutes de l'extrémité sud, près de la rue de Rivoli. Saint-Paul, ligne 1, se trouve à cinq minutes à pied de la partie 4e de la rue. Rambuteau, ligne 11, dessert le milieu de la rue, à proximité de l'hôtel de Soubise. Filles du Calvaire, ligne 8, dessert l'extrémité nord, côté boulevard Beaumarchais et Merci. Les stations de vélos en libre-service sont nombreuses aux intersections principales.

Thursday
03
September
2026

Rue Vieille du Temple : cœur battant du Marais

L'essentiel à retenir : La rue Vieille du Temple est l'une des plus anciennes voies du Marais. Tracée au XIIe siècle pour rejoindre l'enclos des Templiers, elle traverse aujourd'hui les 3e et 4e arrondissements sur près d'un kilomètre, entre la rue de Rivoli et le boulevard Beaumarchais. On y croise des hôtels particuliers classés comme l'hôtel de Rohan ou l'hôtel Amelot de Bisseuil, des cafés devenus institutions tels Le Progrès et La Perle, des boutiques de créateurs, des tables franc-parisiennes comme Robert et Louise ou Breizh Café. Une rue longue à parcourir sans plan, à toute heure, dans un quartier que Merveil Paris connaît par cœur.

Le soir tombé, la rue Vieille du Temple sent le pavé humide, la fumée d'une cuisine ouverte, le vieux bois d'une porte cochère qu'un habitant referme derrière lui. Les lampadaires posent une lueur douce sur les façades ivoirines, les enseignes en fer forgé grincent au moindre courant d'air. Personne ne presse le pas ici. On marche lentement, on regarde les vitrines des libraires, on s'arrête pour lire une plaque commémorative, on pousse la lourde porte d'un café qui n'a pas changé depuis un siècle.

Ce guide vous propose de parcourir cette rue par étapes, du sud vers le nord, comme on remonte une histoire. Vous y trouverez les repères indispensables, les hôtels particuliers à repérer derrière les grilles, les tables où les Parisiens ont leurs habitudes, les cafés où l'on peut s'attarder deux heures avec un simple café. Le Marais tel qu'il se vit, à hauteur de pavés inégaux et de conversations basses.

L'histoire d'une des plus anciennes rues du Marais

Une voie tracée au XIIe siècle

La rue Vieille du Temple tient son nom de l'enclos du Temple, la puissante commanderie des Templiers installée au nord de Paris, aux abords de l'actuel square du Temple. La rue apparaît dès le XIIe siècle sous le nom de rue du Temple, avant d'être rebaptisée rue Vieille du Temple lorsqu'une seconde voie parallèle est ouverte au XIIIe siècle pour rejoindre plus directement la commanderie. La distinction entre l'ancienne et la nouvelle rue du Temple s'est fixée dans l'usage puis dans la toponymie officielle.

Longue de près d'un kilomètre, la rue relie aujourd'hui la rue de Rivoli, au sud, au boulevard Beaumarchais, au nord, en traversant successivement le 4e et le 3e arrondissements. Elle croise la rue des Francs-Bourgeois, la rue des Rosiers, la rue de la Perle, la rue de Bretagne, autant d'axes majeurs du Marais historique.

Un quartier resté aristocratique jusqu'à la Révolution

Le Marais a longtemps été le quartier de résidence de la haute noblesse française. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les grandes familles y font bâtir des hôtels particuliers d'une élégance rare, souvent adossés à des jardins, protégés par des porches monumentaux. Après la Révolution, le quartier a perdu son statut aristocratique et vécu un long déclin, avant d'être sauvé par la loi Malraux de 1962 qui a classé le secteur en secteur sauvegardé. C'est ce classement qui a permis la restauration patiente des façades et des cours pavées que l'on admire aujourd'hui.

Les hôtels particuliers de la rue

L'hôtel de Rohan

Au 87 rue Vieille du Temple, presque à l'angle de la rue des Quatre-Fils, l'hôtel de Rohan a été construit à partir de 1705 par l'architecte Pierre-Alexis Delamair pour Armand-Gaston-Maximilien de Rohan, futur cardinal-évêque de Strasbourg. La demeure présente une façade classique d'une grande sobriété, un jardin à la française et une écurie dont le fronton est orné du groupe sculpté des Chevaux du Soleil de Robert Le Lorrain, l'un des joyaux de la sculpture décorative française du XVIIIe siècle. L'hôtel appartient aux Archives nationales, qui l'ont récemment restauré. Certaines salles se visitent lors des Journées européennes du patrimoine ou d'expositions temporaires.

L'hôtel de Soubise et les Archives nationales

À quelques dizaines de mètres, l'hôtel de Soubise, dont l'entrée principale se trouve au 60 rue des Francs-Bourgeois, prolonge la même emprise. Construit lui aussi par Delamair pour la famille Rohan-Soubise, il abrite les salons rocaille peints par Boucher, Van Loo et Natoire, considérés comme le plus bel ensemble décoratif rococo de Paris. Le Musée des Archives nationales y est ouvert au public plusieurs jours par semaine. C'est l'un des rares endroits parisiens où l'on peut voir la lettre de convocation aux États généraux de 1789 ou le testament de Louis XVI.

L'hôtel Amelot de Bisseuil, dit hôtel des Ambassadeurs de Hollande

Au 47 rue Vieille du Temple, on s'arrête devant le portail d'entrée sculpté par Thomas Regnaudin en 1660, décoré de deux figures allégoriques de Romulus et Rémus. L'hôtel Amelot de Bisseuil, connu aussi sous le nom d'hôtel des Ambassadeurs de Hollande, a longtemps abrité les représentations diplomatiques néerlandaises. Beaumarchais y installa vers 1776 les bureaux de sa société d'armement Rodrigue Hortalez et Cie, qui finança secrètement les insurgés américains pendant la guerre d'Indépendance. La cour intérieure, exceptionnellement ouverte, révèle un puits ancien et des façades ornées de bas-reliefs.

D'autres demeures à repérer

D'autres hôtels particuliers ponctuent la rue, souvent moins connus mais tout aussi intéressants. L'hôtel Hérouet, à l'angle de la rue des Francs-Bourgeois, présente une tourelle d'angle typique du gothique tardif, rescapée d'une rénovation partielle après les bombardements de 1944.

Les boutiques mode et lifestyle

Le Marais est devenu depuis vingt ans l'un des quartiers de la mode à Paris, et la rue Vieille du Temple concentre une part de cette effervescence. On y trouve des boutiques de créateurs indépendants, des enseignes de prêt-à-porter pointu, des concepts stores dédiés au design scandinave, à la papeterie japonaise ou à la parfumerie de niche. Les librairies indépendantes ne sont pas rares, l'une d'elles se consacre à la photographie et aux magazines internationaux. Plusieurs enseignes de bijoux d'auteur et de céramique contemporaine occupent d'anciens ateliers, dont les vitrines d'origine ont été soigneusement conservées.

Le concept store Merci, à quelques mètres au bout de la rue Vieille du Temple, sur le boulevard Beaumarchais au numéro 111, prolonge naturellement la balade. Sa cour intérieure abrite une Fiat 500 rouge devenue l'un des points les plus photographiés du quartier. Aux abords de la rue de Bretagne, le marché des Enfants Rouges attire ceux qui viennent y prendre un déjeuner rapide entre deux boutiques.

Les cafés et bars emblématiques

Café La Perle

Au 78 rue Vieille du Temple, à l'angle de la rue de la Perle, ce café-bar est devenu au fil des années l'un des rendez-vous des créatifs, galeristes et fashionistas du Marais. La terrasse déborde dès les beaux jours, la salle intérieure reste chaleureuse avec son long comptoir en zinc. On y vient à toute heure, pour un café le matin, un verre de vin en fin d'après-midi, une bière tard le soir. L'ambiance est plus animée le jeudi et le vendredi, quand les vernissages du quartier se prolongent au comptoir.

Le Progrès

À l'angle de la rue de Bretagne et de la rue Vieille du Temple, Le Progrès occupe une adresse de bistrot qui n'a presque pas changé depuis des décennies. Banquettes en cuir usé, comptoir en bois patiné, éclairage tamisé, la salle vibre à midi comme le soir. On y sert une cuisine simple de brasserie, œuf mayo, croque-monsieur, tartare, salade de chèvre chaud. C'est l'un des rares établissements du Marais où l'on peut encore prendre un café pour deux euros au comptoir en écoutant les habitués commenter les nouvelles du quartier.

Chez Camille et les adresses de nuit

Un peu plus au nord, plusieurs bars discrets prolongent les soirées bien après la fermeture des restaurants. On y boit des cocktails soignés, parfois signés par des barmen formés dans les grandes maisons. Chez Camille et quelques adresses voisines cultivent une atmosphère intimiste, avec peu de tables, un service attentif, une carte de vins naturels bien construite. Ce sont des lieux où l'on parle bas, où l'on prolonge une conversation commencée à table, où l'on prend son temps.

Les tables gastronomiques

Robert et Louise, le grill au feu de bois

Au 64 rue Vieille du Temple, Robert et Louise sert depuis 1987 une cuisine française de tradition, avec pour signature les côtes de bœuf grillées dans la cheminée de la salle. Les tables en bois brut, les nappes à carreaux, la lumière chaude des braises composent un décor de bistrot d'auberge en plein Marais. La carte reste courte, canard aux cèpes, gigot d'agneau, tarte Tatin, mais le sérieux du produit et la précision de la cuisson en font l'une des adresses les plus fidèles du quartier.

Breizh Café, la crêperie de référence

Au 109 rue Vieille du Temple, Bertrand Larcher a implanté en 1996 la première adresse parisienne de son Breizh Café, une crêperie qui a redonné ses lettres de noblesse à la galette de sarrasin bio. Les farines sont moulues sur meule de pierre en Bretagne, le beurre vient de Jean-Yves Bordier, le cidre est servi dans des bolées d'artisans. La carte propose des galettes classiques comme la complète et des créations plus travaillées autour du poisson fumé ou du confit de canard. Un comptoir voisin, Le Bar à Cidres, prolonge l'expérience avec une carte de plus de vingt cidres bretons et normands.

Autour de la rue

Aux alentours immédiats, les tables du Marais nord multiplient les propositions, du bistrot italien au restaurant du marché, en passant par les tables japonaises intimistes et les néo-bistrots portés par la jeune scène parisienne. La rue Charlot, la rue de Bretagne, la rue Debelleyme dessinent avec la rue Vieille du Temple un carré gourmand rare à Paris.

Se balader rue Vieille du Temple

Le meilleur moment pour parcourir la rue reste le samedi matin, quand les riverains descendent chercher leur pain et que les boutiques ouvrent doucement. On peut partir de la rue de Rivoli, traverser lentement le 4e, s'attarder devant le portail de l'hôtel Amelot de Bisseuil, boire un café à La Perle, passer devant l'hôtel de Rohan et remonter jusqu'à la rue de Bretagne pour déjeuner au marché des Enfants Rouges. Compter deux heures pour la balade, davantage si l'on entre dans les hôtels particuliers ouverts au public.

Le soir, l'ambiance change, les terrasses se remplissent, la lumière des vitrines transforme les façades en tableaux, et la rue devient l'un des points de rendez-vous de la nuit parisienne, tout en gardant sa mesure.

Vivre le Marais avec Merveil

Merveil Paris propose des résidences privées installées dans les plus beaux quartiers de la capitale, dont plusieurs adresses au cœur du Marais, à quelques minutes à pied de la rue Vieille du Temple. Nos appartements occupent d'anciens hôtels particuliers du 3e et du 4e arrondissement, entièrement rénovés, avec pierres apparentes, poutres d'origine, cuisines équipées et service hôtelier cinq étoiles. Vous vivez comme un Parisien, dans un pied-à-terre pensé pour recevoir, cuisiner, dormir paisiblement.

Découvrez nos appartements dans le Marais pour un séjour au cœur du quartier, laissez notre conciergerie vous ouvrir les portes des tables les plus difficiles à réserver et des visites privées d'hôtels particuliers, et prenez le temps de lire le guide complet du Marais pour préparer chaque promenade avant de descendre dans la rue.

FAQ

Pourquoi la rue s'appelle-t-elle Vieille du Temple ?

La rue tient son nom de l'enclos du Temple, la commanderie des Templiers installée au nord de Paris à partir du XIIe siècle. Une première rue du Temple avait été tracée pour rejoindre cette commanderie. Lorsqu'une seconde voie parallèle a été ouverte au XIIIe siècle pour offrir un accès plus direct au Temple, la première a été rebaptisée rue Vieille du Temple, littéralement l'ancienne rue du Temple. La distinction s'est ensuite fixée dans l'usage puis dans la toponymie officielle de la ville.

Quels hôtels particuliers visiter rue Vieille du Temple ?

Les trois adresses majeures sont l'hôtel de Rohan au 87, l'hôtel Amelot de Bisseuil au 47 et l'hôtel de Soubise à l'angle de la rue des Francs-Bourgeois, au 60. L'hôtel de Soubise abrite le Musée des Archives nationales, ouvert plusieurs jours par semaine, avec ses salons rocaille peints par Boucher et Natoire. L'hôtel de Rohan et l'hôtel Amelot de Bisseuil se visitent surtout lors des Journées européennes du patrimoine, chaque 3e week-end de septembre, ou lors d'expositions temporaires organisées par les Archives nationales.

Où boire un café rue Vieille du Temple ?

Trois adresses reviennent souvent parmi les habitués du quartier. Le Progrès, à l'angle de la rue de Bretagne, sert un café simple dans une salle de bistrot restée fidèle à son décor d'origine. Café La Perle, au 78, à l'angle de la rue de la Perle, réunit une clientèle plus créative, avec une terrasse bondée aux beaux jours. Chez Camille et quelques bars voisins prolongent l'ambiance en soirée avec des cartes de cocktails et de vins naturels.

Comment se rendre rue Vieille du Temple en métro ?

La rue est desservie par plusieurs stations selon l'endroit où vous souhaitez descendre. Hôtel de Ville, ligne 1 et ligne 11, dépose à quelques minutes de l'extrémité sud, près de la rue de Rivoli. Saint-Paul, ligne 1, se trouve à cinq minutes à pied de la partie 4e de la rue. Rambuteau, ligne 11, dessert le milieu de la rue, à proximité de l'hôtel de Soubise. Filles du Calvaire, ligne 8, dessert l'extrémité nord, côté boulevard Beaumarchais et Merci. Les stations de vélos en libre-service sont nombreuses aux intersections principales.

Ils partagent leur expérience

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Anita A., AUSTRALIE