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Montmartre en 1 journée : notre itinéraire insider
Table of Content
Monday
14
September
2026

Montmartre en 1 journée : notre itinéraire insider

L'essentiel à retenir : Une journée bien pensée sur la Butte se joue en cinq temps. 10h, sortie du métro Abbesses et entrée par le Mur des Je t'aime. 12h, déjeuner rue Lepic ou rue des Abbesses. 14h, montée douce par la rue de l'Abreuvoir, les Vignes du Clos Montmartre et le Musée de Montmartre. 17h, Sacré-Cœur et Place du Tertre à l'heure où la lumière descend sur la ville. 19h, dîner à la Maison Rose ou dans un bistrot d'Avenue Junot, puis coucher de soleil face à Paris depuis le parvis. C'est ainsi que la Butte se laisse traverser sans jamais forcer le pas.

Montmartre ne se visite pas comme un musée. La Butte se marche, s'écoute, se boit à la terrasse d'un café d'angle, et son charme tient à cette manière qu'elle a de superposer un village de province, un atelier de peintres et une basilique blanche qui semble flotter au-dessus des toits. Quiconque y arrive avant 10h y voit encore la brume matinale s'accrocher aux pavés et les commerçants déballer leurs cageots, quiconque y reste après le coucher du soleil découvre un quartier presque silencieux, ponctué de fenêtres jaunes et du bruit lointain d'un piano.

Ce guide vous propose un itinéraire d'une journée pensé comme un fil, du métro Abbesses au parvis du Sacré-Cœur, avec les adresses que nous conseillons à nos hôtes, les détours qui font toute la différence, et le rythme qui permet de tenir jusqu'au dîner sans jamais avoir l'impression d'avoir couru. Vous y trouverez de quoi remplir six à huit heures de marche lente, avec les respirations nécessaires : un déjeuner à table, un café, un goûter, un dîner face aux lumières.

Pourquoi Montmartre mérite une journée entière

Beaucoup de visiteurs traitent la Butte comme un arrêt de deux heures entre le Louvre et la Tour Eiffel. C'est passer à côté du quartier. Montmartre est un village accroché à une colline de cent trente mètres, ceint de rues étroites et pavées, traversé de venelles, d'escaliers et de placettes qui ne se laissent voir qu'au ralenti. Y consacrer une journée entière permet de ressentir le basculement de la lumière, de saisir la différence entre le Montmartre du matin, quasi silencieux, et le Montmartre du soir, illuminé par les enseignes des bistrots.

Le quartier concentre sur quelques centaines de mètres une densité rare de lieux qui ont fait l'histoire de l'art. Le Bateau-Lavoir où Picasso peignit les Demoiselles d'Avignon, la maison de Suzanne Valadon et Maurice Utrillo aujourd'hui devenue Musée de Montmartre, les vignes plantées en 1933, l'atelier de Renoir au Château des Brouillards, le cabaret du Lapin Agile où passaient Modigliani, Apollinaire et Max Jacob. Une demi-journée n'y suffit pas. Une journée complète, si.

Matin (10h-12h) : de la place des Abbesses au Bateau-Lavoir

Commencez la marche à la station Abbesses, l'une des dernières entrées de métro Art Nouveau signées Hector Guimard encore intactes à Paris. Le puits de descente vertigineux, ses escaliers en spirale peints de fresques, sa marquise en fer forgé et en verre coloré : la journée s'ouvre déjà par un objet d'art. Prenez le temps de photographier la marquise depuis la place, et surtout de la traverser à pied plutôt qu'en ascenseur, la descente vaut le détour.

À la sortie, la Place des Abbesses vous accueille avec ses platanes, sa fontaine Wallace et l'église Saint-Jean-de-Montmartre, première église en béton armé de Paris, achevée en 1904. À deux pas se cache l'un des lieux les plus photographiés de la Butte, le Mur des Je t'aime, panneau d'émail bleu nuit sur lequel Frédéric Baron a rassemblé plus de trois cents fois la même déclaration en deux cent cinquante langues. C'est simple, discret, et étrangement émouvant.

Reprenez votre marche vers le nord par la rue des Abbesses puis la rue Ravignan. Le pavé s'inégalise, les glycines débordent des grilles, un escalier étroit vous conduit à la Place Émile Goudeau. C'est là, dans une bâtisse en bois brûlée en 1970 puis reconstruite, que se dressait le Bateau-Lavoir, atelier collectif où vécurent Picasso, Modigliani, Van Dongen, Juan Gris. La façade actuelle abrite toujours des ateliers d'artistes. La placette est bordée de deux fontaines Wallace et d'une terrasse ombragée, l'endroit idéal pour un premier café avant de repartir.

Déjeuner (12h-14h) : nos adresses coup de cœur

Midi sonne aux cloches de Saint-Pierre-de-Montmartre, il est temps de s'attabler. La Butte compte trois catégories d'adresses que nous recommandons à nos hôtes : la table de bistrot pour le classique parisien, la maison contemporaine pour la cuisine du jour, le café d'angle pour un déjeuner rapide mais bien tenu.

Pour un déjeuner de tradition, La Bonne Franquette, à l'angle de la rue des Saules et de la rue Saint-Rustique, sert depuis 1925 dans une bâtisse dont l'origine remonte au XVIe siècle. Van Gogh y a peint La Guinguette en 1886. La cuisine y est franche, œufs mayonnaise, escargots, blanquette de veau, tarte fine aux pommes. La cour intérieure ombragée est un havre en été.

Pour une cuisine plus contemporaine, Le Coq Rico, rue Lepic, célèbre la volaille française sous toutes ses formes. La bâtisse Belle Époque, les fauteuils de cuir, la carte de vins nature signée par Antoine Westermann : c'est l'adresse que nous conseillons pour un déjeuner à table, plus long, plus posé. Comptez cinquante à soixante-cinq euros par personne hors vin.

Si vous préférez un déjeuner léger, poussez jusqu'à Buvette Gastrothèque rue Henry Monnier, table intime aux notes new-yorkaises et parisiennes, ou installez-vous à la terrasse du Consulat, angle rue Norvins et rue Saint-Rustique, l'un des cafés les plus photographiés de Paris pour un croque-monsieur et un verre de bordeaux à l'ancienne.

Après-midi (14h-17h) : les vignes, le musée et Avenue Junot

Redescendez la rue des Saules jusqu'à l'angle de la rue Saint-Vincent, où se cachent les Vignes du Clos Montmartre. Plantées en 1933 pour préserver un terrain menacé de bétonnage, elles produisent chaque année entre cinq cents et huit cents bouteilles d'un vin rouge issu de trente cépages différents, vendu aux enchères en octobre lors de la Fête des Vendanges. La parcelle ne se visite qu'à cette occasion, mais vous pouvez la longer par la rue Saint-Vincent et observer les ceps depuis les grilles, avec en arrière-plan la façade rose et verte du cabaret du Lapin Agile.

Remontez ensuite la rue Cortot vers le Musée de Montmartre. L'ensemble occupe trois maisons du XVIIe siècle disposées autour d'un jardin. La plus ancienne, la Maison du Bel Air, hébergea Auguste Renoir en 1875, puis Suzanne Valadon, son fils Maurice Utrillo et le peintre André Utter dans les années 1910. L'atelier de Valadon a été reconstitué à l'identique, chevalet, palette, table de travail. Les Jardins Renoir, restaurés en 2012, offrent depuis leurs balustrades l'un des plus beaux panoramas sur les Vignes et sur les toits du nord de Paris. Comptez une heure et demie de visite tranquille.

En sortant, empruntez la rue de l'Abreuvoir, l'une des plus jolies rues de Paris. Pavée, bordée de maisons basses aux volets pastel, elle descend en pente douce jusqu'à la Maison Rose, restaurant peint par Utrillo en 1912 et devenu depuis un emblème de la Butte. Continuez vers l'Allée des Brouillards, ombragée d'arbres centenaires, puis débouchez sur la Place Dalida, où une statue de bronze rappelle que la chanteuse vécut au 11 bis rue d'Orchampt de 1962 à 1987.

De là, deux rues secrètes méritent le détour. La Villa Léandre, ouverte en 1926 dans un renfoncement discret d'Avenue Junot, aligne quelques pavillons de brique rouge qui rappellent une venelle londonienne. L'Avenue Junot elle-même, tracée en 1910 sur l'ancien Maquis de Montmartre, est bordée d'hôtels particuliers Art Déco, dont l'ancienne maison de Francisque Poulbot au numéro 13 et la façade d'Adolf Loos au numéro 15, dessinée en 1927 pour Tristan Tzara. Peu de touristes s'y aventurent, l'atmosphère y est celle d'un quartier résidentiel choisi.

Fin d'après-midi (17h-19h) : Sacré-Cœur et Place du Tertre

L'heure d'or approche. Remontez la rue Lepic, traversez la Place Marcel Aymé où la statue du Passe-Muraille sort du mur, puis rejoignez par les ruelles la Place du Tertre. La placette pavée, autrefois cœur du village, est aujourd'hui prise d'assaut par les portraitistes. Traversez-la sans trop vous attarder, jetez un œil à l'église Saint-Pierre-de-Montmartre juste à côté, l'une des plus anciennes de Paris, consacrée en 1147 et miraculeusement préservée des démolitions.

Deux pas plus loin, la Basilique du Sacré-Cœur se dévoile. Sa pierre calcaire de Château-Landon a la particularité de blanchir au contact de l'eau de pluie, ce qui explique son éclat presque irréel. L'entrée dans la basilique est gratuite, la coupole payante mais nous vous la recommandons chaudement : trois cents marches pour rejoindre la plus haute terrasse publique de Paris après la Tour Eiffel, avec un panorama de deux cents degrés sur la capitale. Comptez huit euros et prévoyez de la monnaie, la file y est mieux tenue que celle du parvis.

En redescendant, plutôt que d'affronter la foule du grand escalier, empruntez les Escaliers de la rue Foyatier, deux cent vingt-deux marches en pierre qui longent le funiculaire. Vous pouvez aussi prendre le funiculaire lui-même pour la descente, un ticket de métro suffit, la course dure moins d'une minute et débouche square Louise Michel, au pied de la Butte.

Avant le dîner, offrez-vous une pause sucrée. Le Salon de thé Chez Léa, rue des Trois Frères, sert des pâtisseries fines dans un cadre feutré. Alternative pour les amateurs de tradition, l'Arbre à Cannelle rue des Abbesses propose des cannelés, des cheesecakes et des thés en feuilles à la terrasse d'un bar tabac réinventé.

Soirée (19h-22h) : dîner et coucher de soleil

Deux options pour terminer la journée. Si vous cherchez la carte postale, rejoignez le parvis du Sacré-Cœur au coucher du soleil. En été, la lumière rase les toits vers 21h30, en hiver dès 17h. Prenez place sur les gradins de la Place Willette et laissez la ville s'allumer sous vos yeux. Un guitariste s'installe presque toujours au premier rang des marches, la scène est belle et l'ambiance étonnamment paisible malgré la foule.

Pour dîner, la Maison Rose rue de l'Abreuvoir sert dans ses deux petites salles peintes une cuisine bistronomique tenue par la cheffe Nadège Varigny depuis 2018. Réservation obligatoire trois à quatre jours à l'avance. Alternative plus discrète, Le Petit Trianon à l'angle du boulevard de Clichy et de la rue Coulaincourt, bistrot d'esprit XIXe où l'on sert un pot-au-feu et un baba au rhum de haute tenue. Pour un dîner de fête, Terrass'' Kitchen au dernier étage du Terrass Hôtel, rue Joseph de Maistre, offre une des plus belles terrasses panoramiques de Paris avec une cuisine française contemporaine, du poulet fermier laqué au miel à la tarte au chocolat noir Valrhona.

La descente vers le métro Abbesses ou Blanche à la fin du repas est un moment que nous aimons particulièrement. Les ombres s'allongent sur les pavés, les cloches sonnent le quart, quelques fenêtres restent allumées derrière les rideaux, un dernier flâneur remonte la rue Lepic vers le café des Deux Moulins immortalisé par Amélie Poulain. C'est ainsi que la Butte se retire, sans bruit.

Vivre Montmartre avec Merveil

Merveil Paris fait le pont entre la vie privée et le service cinq étoiles. Nos résidences s'installent dans les quartiers les plus raffinés de la capitale, du Marais au 7e arrondissement, avec plusieurs adresses au cœur du 18e à quelques rues du Sacré-Cœur. Loger sur la Butte pendant votre séjour parisien, c'est vivre le quartier au ralenti : partir tôt pour l'ascension avant les foules, revenir à midi pour déjeuner chez vous, redescendre à la nuit tombée sans dépendre du métro. Pour votre prochaine visite, découvrez notre appartement Signature Montmartre , avec sa vue sur les toits et ses parquets en point de Hongrie, laissez notre conciergerie organiser vos réservations dans les meilleures tables du quartier, et parcourez le guide complet de Montmartre pour prolonger votre découverte au-delà de cette journée.

FAQ

Combien de temps faut-il pour bien visiter Montmartre ?

Une journée complète, de 10h à 22h, permet de traverser Montmartre sans course. Comptez au minimum six à huit heures de marche lente avec les respirations nécessaires : un déjeuner à table, une visite de musée, une pause goûter. Une demi-journée suffit pour un aperçu du Sacré-Cœur, de la Place du Tertre et de la Place des Abbesses, mais laisse de côté les vignes, le musée, l'Avenue Junot et les ruelles secrètes qui font tout le charme du quartier. Pour une découverte en profondeur, prévoyez deux journées ou installez-vous sur la Butte pendant votre séjour parisien.

Quel est le meilleur moment pour arriver à Montmartre ?

Arrivez à 10h à la station Abbesses. Vous évitez la foule matinale du Sacré-Cœur, dont la messe de 11h attire beaucoup de visiteurs, et vous profitez d'une lumière encore douce sur les façades. La haute affluence à la Place du Tertre se situe entre 13h et 16h, c'est la période à repousser en fin d'après-midi si vous voulez photographier les lieux tranquillement. En été, le coucher de soleil autour de 21h30 depuis le parvis du Sacré-Cœur reste un moment fort, à ne pas manquer.

Faut-il monter à pied ou prendre le funiculaire ?

Les deux sont possibles et se combinent bien. La montée à pied par les escaliers de la rue Foyatier, deux cent vingt-deux marches en pierre longeant le funiculaire, offre l'expérience la plus mémorable et prend environ dix minutes à un rythme tranquille. Le funiculaire, accessible avec un ticket de métro parisien, dure moins d'une minute et convient mieux pour la descente en fin de journée ou pour les voyageurs à mobilité réduite. Notre conseil : montez à pied par les ruelles depuis Abbesses puis redescendez en funiculaire vers le square Louise Michel après le coucher du soleil.

Où déjeuner à Montmartre sans tomber dans les pièges à touristes ?

Évitez les restaurants à menus multilingues affichés sur la Place du Tertre et la rue Norvins entre 12h et 15h. Nos trois adresses de référence : La Bonne Franquette rue des Saules pour la cuisine bistrot dans une bâtisse du XVIe siècle, Le Coq Rico rue Lepic pour la haute volaille française par Antoine Westermann, Buvette Gastrothèque rue Henry Monnier pour un déjeuner contemporain intime. Pour un déjeuner rapide et bien tenu, la terrasse du Consulat à l'angle de la rue Norvins ou l'Arbre à Cannelle rue des Abbesses sont deux valeurs sûres. Réservez toujours la veille pour un déjeuner à table.

Monday
14
September
2026

Montmartre en 1 journée : notre itinéraire insider

L'essentiel à retenir : Une journée bien pensée sur la Butte se joue en cinq temps. 10h, sortie du métro Abbesses et entrée par le Mur des Je t'aime. 12h, déjeuner rue Lepic ou rue des Abbesses. 14h, montée douce par la rue de l'Abreuvoir, les Vignes du Clos Montmartre et le Musée de Montmartre. 17h, Sacré-Cœur et Place du Tertre à l'heure où la lumière descend sur la ville. 19h, dîner à la Maison Rose ou dans un bistrot d'Avenue Junot, puis coucher de soleil face à Paris depuis le parvis. C'est ainsi que la Butte se laisse traverser sans jamais forcer le pas.

Montmartre ne se visite pas comme un musée. La Butte se marche, s'écoute, se boit à la terrasse d'un café d'angle, et son charme tient à cette manière qu'elle a de superposer un village de province, un atelier de peintres et une basilique blanche qui semble flotter au-dessus des toits. Quiconque y arrive avant 10h y voit encore la brume matinale s'accrocher aux pavés et les commerçants déballer leurs cageots, quiconque y reste après le coucher du soleil découvre un quartier presque silencieux, ponctué de fenêtres jaunes et du bruit lointain d'un piano.

Ce guide vous propose un itinéraire d'une journée pensé comme un fil, du métro Abbesses au parvis du Sacré-Cœur, avec les adresses que nous conseillons à nos hôtes, les détours qui font toute la différence, et le rythme qui permet de tenir jusqu'au dîner sans jamais avoir l'impression d'avoir couru. Vous y trouverez de quoi remplir six à huit heures de marche lente, avec les respirations nécessaires : un déjeuner à table, un café, un goûter, un dîner face aux lumières.

Pourquoi Montmartre mérite une journée entière

Beaucoup de visiteurs traitent la Butte comme un arrêt de deux heures entre le Louvre et la Tour Eiffel. C'est passer à côté du quartier. Montmartre est un village accroché à une colline de cent trente mètres, ceint de rues étroites et pavées, traversé de venelles, d'escaliers et de placettes qui ne se laissent voir qu'au ralenti. Y consacrer une journée entière permet de ressentir le basculement de la lumière, de saisir la différence entre le Montmartre du matin, quasi silencieux, et le Montmartre du soir, illuminé par les enseignes des bistrots.

Le quartier concentre sur quelques centaines de mètres une densité rare de lieux qui ont fait l'histoire de l'art. Le Bateau-Lavoir où Picasso peignit les Demoiselles d'Avignon, la maison de Suzanne Valadon et Maurice Utrillo aujourd'hui devenue Musée de Montmartre, les vignes plantées en 1933, l'atelier de Renoir au Château des Brouillards, le cabaret du Lapin Agile où passaient Modigliani, Apollinaire et Max Jacob. Une demi-journée n'y suffit pas. Une journée complète, si.

Matin (10h-12h) : de la place des Abbesses au Bateau-Lavoir

Commencez la marche à la station Abbesses, l'une des dernières entrées de métro Art Nouveau signées Hector Guimard encore intactes à Paris. Le puits de descente vertigineux, ses escaliers en spirale peints de fresques, sa marquise en fer forgé et en verre coloré : la journée s'ouvre déjà par un objet d'art. Prenez le temps de photographier la marquise depuis la place, et surtout de la traverser à pied plutôt qu'en ascenseur, la descente vaut le détour.

À la sortie, la Place des Abbesses vous accueille avec ses platanes, sa fontaine Wallace et l'église Saint-Jean-de-Montmartre, première église en béton armé de Paris, achevée en 1904. À deux pas se cache l'un des lieux les plus photographiés de la Butte, le Mur des Je t'aime, panneau d'émail bleu nuit sur lequel Frédéric Baron a rassemblé plus de trois cents fois la même déclaration en deux cent cinquante langues. C'est simple, discret, et étrangement émouvant.

Reprenez votre marche vers le nord par la rue des Abbesses puis la rue Ravignan. Le pavé s'inégalise, les glycines débordent des grilles, un escalier étroit vous conduit à la Place Émile Goudeau. C'est là, dans une bâtisse en bois brûlée en 1970 puis reconstruite, que se dressait le Bateau-Lavoir, atelier collectif où vécurent Picasso, Modigliani, Van Dongen, Juan Gris. La façade actuelle abrite toujours des ateliers d'artistes. La placette est bordée de deux fontaines Wallace et d'une terrasse ombragée, l'endroit idéal pour un premier café avant de repartir.

Déjeuner (12h-14h) : nos adresses coup de cœur

Midi sonne aux cloches de Saint-Pierre-de-Montmartre, il est temps de s'attabler. La Butte compte trois catégories d'adresses que nous recommandons à nos hôtes : la table de bistrot pour le classique parisien, la maison contemporaine pour la cuisine du jour, le café d'angle pour un déjeuner rapide mais bien tenu.

Pour un déjeuner de tradition, La Bonne Franquette, à l'angle de la rue des Saules et de la rue Saint-Rustique, sert depuis 1925 dans une bâtisse dont l'origine remonte au XVIe siècle. Van Gogh y a peint La Guinguette en 1886. La cuisine y est franche, œufs mayonnaise, escargots, blanquette de veau, tarte fine aux pommes. La cour intérieure ombragée est un havre en été.

Pour une cuisine plus contemporaine, Le Coq Rico, rue Lepic, célèbre la volaille française sous toutes ses formes. La bâtisse Belle Époque, les fauteuils de cuir, la carte de vins nature signée par Antoine Westermann : c'est l'adresse que nous conseillons pour un déjeuner à table, plus long, plus posé. Comptez cinquante à soixante-cinq euros par personne hors vin.

Si vous préférez un déjeuner léger, poussez jusqu'à Buvette Gastrothèque rue Henry Monnier, table intime aux notes new-yorkaises et parisiennes, ou installez-vous à la terrasse du Consulat, angle rue Norvins et rue Saint-Rustique, l'un des cafés les plus photographiés de Paris pour un croque-monsieur et un verre de bordeaux à l'ancienne.

Après-midi (14h-17h) : les vignes, le musée et Avenue Junot

Redescendez la rue des Saules jusqu'à l'angle de la rue Saint-Vincent, où se cachent les Vignes du Clos Montmartre. Plantées en 1933 pour préserver un terrain menacé de bétonnage, elles produisent chaque année entre cinq cents et huit cents bouteilles d'un vin rouge issu de trente cépages différents, vendu aux enchères en octobre lors de la Fête des Vendanges. La parcelle ne se visite qu'à cette occasion, mais vous pouvez la longer par la rue Saint-Vincent et observer les ceps depuis les grilles, avec en arrière-plan la façade rose et verte du cabaret du Lapin Agile.

Remontez ensuite la rue Cortot vers le Musée de Montmartre. L'ensemble occupe trois maisons du XVIIe siècle disposées autour d'un jardin. La plus ancienne, la Maison du Bel Air, hébergea Auguste Renoir en 1875, puis Suzanne Valadon, son fils Maurice Utrillo et le peintre André Utter dans les années 1910. L'atelier de Valadon a été reconstitué à l'identique, chevalet, palette, table de travail. Les Jardins Renoir, restaurés en 2012, offrent depuis leurs balustrades l'un des plus beaux panoramas sur les Vignes et sur les toits du nord de Paris. Comptez une heure et demie de visite tranquille.

En sortant, empruntez la rue de l'Abreuvoir, l'une des plus jolies rues de Paris. Pavée, bordée de maisons basses aux volets pastel, elle descend en pente douce jusqu'à la Maison Rose, restaurant peint par Utrillo en 1912 et devenu depuis un emblème de la Butte. Continuez vers l'Allée des Brouillards, ombragée d'arbres centenaires, puis débouchez sur la Place Dalida, où une statue de bronze rappelle que la chanteuse vécut au 11 bis rue d'Orchampt de 1962 à 1987.

De là, deux rues secrètes méritent le détour. La Villa Léandre, ouverte en 1926 dans un renfoncement discret d'Avenue Junot, aligne quelques pavillons de brique rouge qui rappellent une venelle londonienne. L'Avenue Junot elle-même, tracée en 1910 sur l'ancien Maquis de Montmartre, est bordée d'hôtels particuliers Art Déco, dont l'ancienne maison de Francisque Poulbot au numéro 13 et la façade d'Adolf Loos au numéro 15, dessinée en 1927 pour Tristan Tzara. Peu de touristes s'y aventurent, l'atmosphère y est celle d'un quartier résidentiel choisi.

Fin d'après-midi (17h-19h) : Sacré-Cœur et Place du Tertre

L'heure d'or approche. Remontez la rue Lepic, traversez la Place Marcel Aymé où la statue du Passe-Muraille sort du mur, puis rejoignez par les ruelles la Place du Tertre. La placette pavée, autrefois cœur du village, est aujourd'hui prise d'assaut par les portraitistes. Traversez-la sans trop vous attarder, jetez un œil à l'église Saint-Pierre-de-Montmartre juste à côté, l'une des plus anciennes de Paris, consacrée en 1147 et miraculeusement préservée des démolitions.

Deux pas plus loin, la Basilique du Sacré-Cœur se dévoile. Sa pierre calcaire de Château-Landon a la particularité de blanchir au contact de l'eau de pluie, ce qui explique son éclat presque irréel. L'entrée dans la basilique est gratuite, la coupole payante mais nous vous la recommandons chaudement : trois cents marches pour rejoindre la plus haute terrasse publique de Paris après la Tour Eiffel, avec un panorama de deux cents degrés sur la capitale. Comptez huit euros et prévoyez de la monnaie, la file y est mieux tenue que celle du parvis.

En redescendant, plutôt que d'affronter la foule du grand escalier, empruntez les Escaliers de la rue Foyatier, deux cent vingt-deux marches en pierre qui longent le funiculaire. Vous pouvez aussi prendre le funiculaire lui-même pour la descente, un ticket de métro suffit, la course dure moins d'une minute et débouche square Louise Michel, au pied de la Butte.

Avant le dîner, offrez-vous une pause sucrée. Le Salon de thé Chez Léa, rue des Trois Frères, sert des pâtisseries fines dans un cadre feutré. Alternative pour les amateurs de tradition, l'Arbre à Cannelle rue des Abbesses propose des cannelés, des cheesecakes et des thés en feuilles à la terrasse d'un bar tabac réinventé.

Soirée (19h-22h) : dîner et coucher de soleil

Deux options pour terminer la journée. Si vous cherchez la carte postale, rejoignez le parvis du Sacré-Cœur au coucher du soleil. En été, la lumière rase les toits vers 21h30, en hiver dès 17h. Prenez place sur les gradins de la Place Willette et laissez la ville s'allumer sous vos yeux. Un guitariste s'installe presque toujours au premier rang des marches, la scène est belle et l'ambiance étonnamment paisible malgré la foule.

Pour dîner, la Maison Rose rue de l'Abreuvoir sert dans ses deux petites salles peintes une cuisine bistronomique tenue par la cheffe Nadège Varigny depuis 2018. Réservation obligatoire trois à quatre jours à l'avance. Alternative plus discrète, Le Petit Trianon à l'angle du boulevard de Clichy et de la rue Coulaincourt, bistrot d'esprit XIXe où l'on sert un pot-au-feu et un baba au rhum de haute tenue. Pour un dîner de fête, Terrass'' Kitchen au dernier étage du Terrass Hôtel, rue Joseph de Maistre, offre une des plus belles terrasses panoramiques de Paris avec une cuisine française contemporaine, du poulet fermier laqué au miel à la tarte au chocolat noir Valrhona.

La descente vers le métro Abbesses ou Blanche à la fin du repas est un moment que nous aimons particulièrement. Les ombres s'allongent sur les pavés, les cloches sonnent le quart, quelques fenêtres restent allumées derrière les rideaux, un dernier flâneur remonte la rue Lepic vers le café des Deux Moulins immortalisé par Amélie Poulain. C'est ainsi que la Butte se retire, sans bruit.

Vivre Montmartre avec Merveil

Merveil Paris fait le pont entre la vie privée et le service cinq étoiles. Nos résidences s'installent dans les quartiers les plus raffinés de la capitale, du Marais au 7e arrondissement, avec plusieurs adresses au cœur du 18e à quelques rues du Sacré-Cœur. Loger sur la Butte pendant votre séjour parisien, c'est vivre le quartier au ralenti : partir tôt pour l'ascension avant les foules, revenir à midi pour déjeuner chez vous, redescendre à la nuit tombée sans dépendre du métro. Pour votre prochaine visite, découvrez notre appartement Signature Montmartre , avec sa vue sur les toits et ses parquets en point de Hongrie, laissez notre conciergerie organiser vos réservations dans les meilleures tables du quartier, et parcourez le guide complet de Montmartre pour prolonger votre découverte au-delà de cette journée.

FAQ

Combien de temps faut-il pour bien visiter Montmartre ?

Une journée complète, de 10h à 22h, permet de traverser Montmartre sans course. Comptez au minimum six à huit heures de marche lente avec les respirations nécessaires : un déjeuner à table, une visite de musée, une pause goûter. Une demi-journée suffit pour un aperçu du Sacré-Cœur, de la Place du Tertre et de la Place des Abbesses, mais laisse de côté les vignes, le musée, l'Avenue Junot et les ruelles secrètes qui font tout le charme du quartier. Pour une découverte en profondeur, prévoyez deux journées ou installez-vous sur la Butte pendant votre séjour parisien.

Quel est le meilleur moment pour arriver à Montmartre ?

Arrivez à 10h à la station Abbesses. Vous évitez la foule matinale du Sacré-Cœur, dont la messe de 11h attire beaucoup de visiteurs, et vous profitez d'une lumière encore douce sur les façades. La haute affluence à la Place du Tertre se situe entre 13h et 16h, c'est la période à repousser en fin d'après-midi si vous voulez photographier les lieux tranquillement. En été, le coucher de soleil autour de 21h30 depuis le parvis du Sacré-Cœur reste un moment fort, à ne pas manquer.

Faut-il monter à pied ou prendre le funiculaire ?

Les deux sont possibles et se combinent bien. La montée à pied par les escaliers de la rue Foyatier, deux cent vingt-deux marches en pierre longeant le funiculaire, offre l'expérience la plus mémorable et prend environ dix minutes à un rythme tranquille. Le funiculaire, accessible avec un ticket de métro parisien, dure moins d'une minute et convient mieux pour la descente en fin de journée ou pour les voyageurs à mobilité réduite. Notre conseil : montez à pied par les ruelles depuis Abbesses puis redescendez en funiculaire vers le square Louise Michel après le coucher du soleil.

Où déjeuner à Montmartre sans tomber dans les pièges à touristes ?

Évitez les restaurants à menus multilingues affichés sur la Place du Tertre et la rue Norvins entre 12h et 15h. Nos trois adresses de référence : La Bonne Franquette rue des Saules pour la cuisine bistrot dans une bâtisse du XVIe siècle, Le Coq Rico rue Lepic pour la haute volaille française par Antoine Westermann, Buvette Gastrothèque rue Henry Monnier pour un déjeuner contemporain intime. Pour un déjeuner rapide et bien tenu, la terrasse du Consulat à l'angle de la rue Norvins ou l'Arbre à Cannelle rue des Abbesses sont deux valeurs sûres. Réservez toujours la veille pour un déjeuner à table.

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